Naviguer autrement : Des voiles pour les bateaux traditionnels

Revue N°12

Point fort du renouveau des bateaux traditionnels, les rassemblements sont l'occasion de fêtes, de retrouvailles entre passionnés. Ils permettent aussi de juger des progrès de restauration faits d'année en année sur les bateaux. Ici, un rassemblement de Cornish Crabbers en Angleterre donne l'image oubliée d'une flottille étonnamment homogène. Une ambiance qui évoque les départs en pêche d'autrefois, mais surtout la cohésion d'un plaisir partagé : savoir manoeuvrer et sortir à la voile d'un port est un plaisir que trop de plaisanciers se refusent aujourd'hui. Parmi les nombreuses tentatives de créer des bateaux modernes inspirés de la tradi-tion, le Cornish Crabber est certainement l'un des plus réussis.
Par François Vivier - La fonction d'une voile, c'est d'abord de bien faire marcher le bateau. Le premier souci d'un candidat à la construction ou à la restauration d'un voilier traditionnel sera donc de dessiner ou de faire dessiner un plan de voilure correct. Pour cela, rien ne remplace aujourd'hui les livres : l'examen attentif des illustrations (photos, dessins, plans) d'ouvrages traitant du type choisi est un préalable indispensable. L'étude de bateaux anciens naviguant encore à la voile s'avère également fort utile, mais gare aux faux-amis ; un bateau vendéen n'est pas gréé comme une barque normande, encore moins comme un sloup américain. La plaisance a souvent édulcoré les plans de voilure d'origine : apiquage excessif de la vergue, sous-toilage, espars mal dimensionnés... voire transformation sans vergogne d'un misainier en improbable « canot breton ». Les dernières voilures utilisées par les pêcheurs sur des bateaux motorisés sont souvent des gréements de cape amputés d'un bon tiers : beaucoup s'y sont trompés, qui s'étonnent de barrer un « veau ». Quelques plans-types de voilure, choisis parmi les bateaux qui existent encore à de nombreux exemplaires, comme les petits sloups ou les canots à misaine, sont donc publiés dans cet article. Mais à chaque bateau correspond une voilure donnée, caractérisée par son époque, son lieu de construction, sa fonction, son type... Plusieurs démarches sont proposées ici. Celle qui concerne, pour l'instant, le plus grand nombre d'amateurs, consiste à traiter avec un voilier professionnel en tenant compte de ses habitudes actuelles et des matériaux dont il peut disposer facilement. Une seconde démarche, plus exigeante, sera dans un second temps d'élever le degré d'authenticité pour réaliser des voiles belles et efficaces selon des méthodes purement traditionnelles. A chacun de se situer au niveau qu'il estime pouvoir atteindre actuellement. La seconde fonction d'une voile, dès lors qu'on s'attache à reconstituer un bateau ancien, est en effet d'ordre culturel et esthétique. On ne couvre pas un mas provençal en tôle ondulée ; on ne voilera pas un bateau traditionnel en tergal brillant avec ralingues en sangle nylon. La voilure d'un bateau est ce qui se voit le plus, et il convient d'éviter les erreurs dans ce domaine.

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