Par Nic Compton* – Voici tout juste cinquante ans, quelques propriétaires de bateaux traditionnels, lassés d’être évincés des régates du Solent réservées aux gréements bermudiens, décident de créer leur propre club. Depuis lors, l’association des Old Gaffers a essaimé dans le monde entier.

L’article publié dans la revue Le Chasse-Marée bénéficie d’une iconographie enrichie.

Un soir de 1957, John Clarke, Mike Richardson et Alec Rangabe, tous trois propriétaires de vieux bateaux gréés à corne, discutent autour d’une pinte au comptoir du Jolly Sailor, un pub de Hamble, près de Southampton. Mécontents d’être exclus des régates de leurs yacht-clubs respectifs, réservées aux gréements bermudiens, ils décident de fonder un club pour disputer leurs propres régates. Ils le baptisent Old Gaffers Association (oga), jouant sur le double sens du mot gaffer, qui désigne à la fois un bateau gréé à corne et un vieil homme. Le logo de la nouvelle association n’est autre qu’un encornat – la fourche de pic, cet espar qui distingue les « vieux gréements » des voiliers modernes –, que de mauvais esprits ont aussitôt assimilé à une béquille. « Pas du tout, ironise John Clarke, notre emblème est une fourche traditionnelle, utilisée dans les campagnes anglaises par les culs-terreux. » Deux ans plus tard, le 27 juin 1959, l’oga organise sa première régate sur le Solent. On ne compte que treize voiliers au départ, mais la course aura lieu désormais chaque année.

Sur la côte Est, l’initiative des « Sudistes » inspire John Scarlett et une poignée d’autres gaffers, qui fondent leur propre club. C’est ainsi que, le 20 juillet 1963, une flottille de vingt-sept bateaux se retrouve à Maldon, dans l’Essex, pour descendre ensemble le cours de la Blackwater jusqu’au port voisin d’Harwich. « Beaucoup de ces bateaux, témoigne l’écrivain Kathleen Peyton, étaient d’anciens voiliers de travail convertis à la plaisance après un long abandon dans les vasières de la côte Est de l’Angleterre. Il y avait plusieurs smacks de Colchester, un wherry, un hoogaar, un botter, un bac d’Itchen, une ou deux chaloupes de sauvetage dotées d’un gréement à corne… »

Visant le même objectif, les deux structures ne tardent pas à fusionner. En juin 1963, peu avant la première régate de Maldon, John Clarke invite John Scarlett à bord de son bateau. C’est au cours de cette sortie que les deux hommes décident d’unir leurs forces et de fonder une association nationale de Old Gaffers. Ce qui est officialisé le 20 septembre.

À l’époque, tout le monde se ruait sur les sloups bermudiens en polyester

On assiste ensuite à une floraison de clubs locaux dans tout le Ro­yaume-Uni et au-delà. En 1967, plusieurs sections se constituent aux États-Unis. L’année suivante, une antenne française est créée à Saint-Malo par Claude Tissier, François Gicquel et Joé Klipfell. Six ans plus tard, ceux-ci créent leur propre association, qu’ils baptisent Old Gaffers vieux gréements de France (OGVGF). Ce sont eux qui orga­nisent, à Brest en 1980, le tout premier rassemblement de bateaux traditionnels français. Cette année-là, une antenne de l’oga est également fondée à Perth, en Australie – c’est aujourd’hui l’une des plus actives.

Amelie Rose, réplique d’un cotre-pilote lancée en 2009 par Luke Powell. Basé sur la côte Sud, ce voilier est connu outre-Manche pour avoir figuré dans le feuilleton de la BBC The Hungry Sailors. © Nic Compton

« Nous n’avions pas deviné d’emblée que notre enthousiasme pour les voiliers traditionnels allait se diffuser comme un feu de brousse », écrira plus tard Robert Simper, l’un des fondateurs de l’oga. Il est vrai qu’à l’époque, tout le monde se ruait sur les sloups bermudiens en polyester. Les amateurs de bateaux en bois sont alors considérés comme des has been, mais ils n’en ont cure. Ils restaurent leurs « coques pourries », font des émules et se montrent de plus en plus sur les plans d’eau. En 1975, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la course du Fastnet, six voiliers de l’oga prennent le départ, ainsi qu’un cotre-pilote français venu rappeler que le premier vainqueur de l’épreuve, Jolie Brise, était une de ces vénérables « hirondelles de la Manche ».

Toujours encline au prosélytisme, l’oga rallie à sa cause quelques marins fameux, comme Tom Cunliffe, propriétaire du cotre-pilote de Bristol Hirta (CM 34). « Cela fait plus de cinquante ans que le premier pavillon à encornat claque au vent, écrit ce dernier ; cette association a changé la vie de nombreux plaisanciers et notamment la mienne. Je suis désormais membre d’une quantité de yacht-clubs mais je puis affirmer sans hésitation que je me suis davantage marré avec les gaffers qu’avec tous les autres réunis. »

Le 21 avril dernier, cinquante ans après la fameuse réunion de Maldon, trois bateaux traditionnels descendent à leur tour la Blackwater pour prendre le départ d’une odyssée exceptionnelle. Afin de marquer avec éclat son jubilé, l’oga a invité ses adhérents à un long périple autour des îles Britanniques. Cette croisière de 2 000 milles représente déjà un défi pour un yacht mo­derne parfaitement équipé ; comment de vieilles bailles au gréement archaïque vont-elles s’en sortir ? That is the question!

Partie de Maldon en avril, la flottille, appelée à grossir à chaque escale doit faire le tour de la Grande-Bretagne dans le sens des aiguilles d’une montre – seule l’an­cienne chaloupe de sauvetage de 19 pieds Snoopy effectuera son périple dans l’autre sens – et rallier Cowes à la mi-août après une vingtaine d’étapes, les concurrents ayant le choix entre le grand tour par le Nord de l’Écosse ou le raccourci par le canal Calédonien.

Le fait de pouvoir naviguer en escadre et la perspective d’être secouru rapidement en cas de pépin rassurent tous ceux qui rêvaient d’une telle aventure mais ne s’y seraient jamais risqués seuls. « Cela fait un bon moment, explique Mike Beckett, propriétaire du yawl de 1888 Bonita, que je voulais faire le tour du Ro­yaume-Uni. Nous avons beaucoup navigué autour de notre port d’attache, jusqu’aux îles Anglo-Normandes, en Bretagne et en Hollande, mais j’ai toujours eu envie d’en faire davantage. L’oga nous a convaincus que le temps des tergiversations était révolu. »

Ils sont donc trois bateaux, ce 21 avril, à glisser sur les eaux calmes de la Blackwater. Il y a Witch, un cotre de 1898 qui assurait le passage vers l’île de Gigha, en Écosse ; Marie Ritchie, un cotre de Golant, sur la Fowey, construit en 1992 sur des plans du légendaire créateur du Cornish Crabber, Roger Dongray ; et Bonify, réplique en ferrociment d’un cotre dessiné par John Hanna en 1924, mené par la secrétaire de l’oga, Sue Lewis, et son mari Howard. Ils mettent le cap sur Hamble, première étape du voyage.

Le même jour, quatre membres de la section hollandaise de l’oga appareillent des Pays-Bas pour rejoindre leurs homologues britanniques. La flottille comprend un cordier de Galway, le premier construit en acier – spécialité hollandaise – ; un cotre-pilote en acier du canal de Bristol ; une goélette en acier dont les lignes s’inspirent de celles de Nina, le plan Starling Burgess qui remporta le Fastnet en 1928 ; et un cotre en bois dû au crayon de Lyle C. Hess. Trois autres voiliers néerlandais participeront au tour, ce qui fera de la délégation batave la flotte étrangère la plus importante.

Au fil des étapes, de nouveaux engagés viennent étoffer la flottille, qui compte une trentaine d’unités à l’escale de Plymouth. La plupart appartiennent aux sections de la côte Est de l’Angleterre et du Solent, qui ont toujours été les régions les plus actives en matière de bateaux traditionnels ; seules quelques unités viennent du pays de Galles et d’Écosse.

Vingt et un voiliers bouclent la boucle

L’hétérogénéité de la flotte témoigne de la largeur d’esprit des gaffers. On compte ainsi plusieurs voiliers à gréement bermudien et plusieurs unités en polyester, les uns et les autres étant admis dans les régates de l’oga depuis 1973.

À Plymouth, la flotte reste bloquée dix jours durant en raison d’un coup de vent de force 10 et 11, suivi d’un chapelet de dépressions interdisant la remontée de la mer d’Irlande. Les festivités prévues à l’escale de St. Mary aux îles Scilly, doivent être annulées. En revanche, contre toute attente, l’étape écossaise sera l’une des plus tranquilles du périple. En dépit du retard accumulé en Manche à cause du mauvais temps, quatre bateaux feront même le grand tour par les Hébrides et les Féroé : Windbreaker, cotre de cabotage hollandais en acier ; Minstrel, cotre en bois-moulé des années 1990 ; Annabel J, cotre-pilote en acier ; et Bonita, le doyen de l’épreuve. Les autres engagés ont préféré embouquer le canal Calédonien.

Deux bateaux en régate lors des Old Gaffers du Solent
Le Falmouth Quay Punt de 1892 Sophie (au premier plan) et le « plank-on-edge » (couloir lesté) de 1910 Aeolus. © Nic Compton

Tout le monde s’est ensuite retrouvé à Eyemouth, à l’Est d’Édimbourg, avant de mettre le cap sur Newcastle pour participer à une fête endiablée dans le centre trépidant de la ville. Les équipages sont alors très soudés et plus enthousiastes que jamais. Le plus dur est derrière eux et la descente le long de la côte Est est envisagée comme une promenade de santé.

Au total, vingt et un voiliers feront le tour des îles Britanniques. Parmi eux, ceux qui avaient pris le départ de l’un des ports de la côte Est entameront même un second tour pour rallier l’ultime escale de Cowes.

Avec quelque deux cents bateaux traditionnels réunis pour le festival du jubilé, le port de Cowes offre un spectacle impressionnant. Pas seulement par le nombre d’unités – on en voit bien davantage aux fêtes de Brest et Douarnenez –, mais surtout par l’es­prit qui réunit leurs équipages. Il y a des bateaux de tout le Royaume-Uni, de France, de Belgique et des Pays-Bas. Il s’agit pour la plupart d’anciennes unités en bois, et chacune a son histoire.

Pioneer, smack de 1864 arraché à une vasière en 1999, navigue désormais avec des jeunes à bord. Irene, ketch de cabotage de 1907 originaire du West Country, incendié en 2003 puis restauré pendant neuf ans, transporte de nouveau des cargaisons à la voile. Fanny of Cowes, bac d’Itchen de 1872, qui avait remporté la première régate de l’oga sur la côte Est en 1963, arrive de nouveau en tête cette année. La liste de ces bateaux « uniques » est longue…

La différence entre cette flotte et celle des années soixante tient sans doute à la manière dont elle est perçue. Les bateaux des premiers gaffers étaient considérés avec scepticisme comme des curiosités vaguement folkloriques alors que la flottille de Cowes est simplement belle, pleine d’audace et de confiance en elle. Admirés, convoi­tés, les bateaux traditionnels voient désormais leur valeur marchande augmenter d’année en année, tandis que celle des yachts modernes ne cesse de diminuer.

Désormais les gaffers ne sont plus considérés comme des ringards

« À nos débuts, rappelle Mike Shaw, le président de l’OGA, la plupart des yacht-clubs n’acceptaient pas les bateaux gréés à corne au départ de leurs régates. Beaucoup de ces unités étaient mouillées dans des es­tuaires et de petites criques où elles pourrissaient. Maintenant, ces “vieux gréements” suscitent la nostalgie et un vif intérêt. Nous n’avons plus à nous battre pour convaincre les yacht-clubs d’ins­crire nos bateaux ; la Round the Island Race, par exemple, compte trois classes de voiliers à gréement à corne. Le marché de la plaisance s’est également mis au diapason . Aussi incroyable que cela puisse paraître, on compte à ce jour plus de Classe J en état de naviguer que dans les années 1930. Et les régates d’unités traditionnelles attirent des foules plus nombreuses que les machines de course mo­dernes. Ainsi avons-nous le sentiment d’avoir accompli notre mission. Désormais, les gaffers ne sont plus perçus comme des ringards. »

Reste à poursuivre – en collaboration avec le musée maritime de Falmouth – le recensement des bateaux traditionnels, un travail entamé dès 1966 par John Scarlett et repris en 1984 par deux piliers de l’OGA, Pete et Pat Dawson. Cette base de données contient déjà plus de deux mille références. L’ambition de l’OGA est de pouvoir mettre bientôt en ligne un répertoire des petits bateaux traditionnels comparable au Register of Historic Ships qui concerne les navires historiques.

La grande régate par force 6

L’autre objectif que s’est fixé l’association – dont les membres sont de plus en plus âgés – est d’attirer davantage de jeunes. L’OGA vient ainsi de créer un Youth Trust qui compte déjà mille quatre cents adhérents. Les fonds recueillis vont permettre de financer l’initiation de jeunes néophytes à la pratique de la voile traditionnelle et à la construction navale. L’admission de voiliers bermudiens et d’unités en polyester – qui n’a pas été sans chamailleries – participe également de cet effort d’ouverture. L’OGA se revendique désormais comme le représentant de tous les bateaux d’esprit traditionnel, quels que soient leur âge, leur type de gréement et leur matériau de construction… à l’image du Susan J de son président, un cotre à corne de 28 pieds en polyester inspiré d’un bateau de travail de Falmouth. « Peu à peu, se réjouit Mike Shaw, les fondateurs de l’association transmettent la barre à une génération nouvelle, désireuse de changement et de développement. »

Flotille rassemblement Old Gaffers
La flotte descendant le Solent vers Cowes au portant. On reconnaît, de gauche à droite, les Falmouth Quay Punt Sophie et Lady Belle, le Solent One Design Rosen, et (ici au premier plan) le couloir lesté Aeolus. © Nic Compton

Le premier jour du festival de Cowes est réservé à la détente bon enfant. Au programme, une épreuve de godille, une course d’aviron les yeux bandés, une autre de pneumatiques à gréement de fortune, une partie de football aquatique et, clou de la journée, une régate de bateaux-sabots dans la grande tradition hollandaise.

Preuve du retour en grâce du gréement à corne, dans le cadre du festival de Cowes, le plus sélect des yacht-clubs britanniques, le Royal Yacht Squadron, a organisé une régate spécifique pour les Old Gaffers. Les temps changent.

« Nous mesurons aussi le chemin parcouru au fait que naguère, quand un coup de vent frappait la flottille, il y avait des espars cassés et des voies d’eau en pagaille, remarque Mike Shaw. Désormais, les bateaux sont mieux entretenus et, si le temps se gâte, on ne déplore plus autant d’avaries. » La grande régate disputée à Cowes ne tarderait pas à mettre ce propos à l’épreuve. La météo ayant annoncé un vent de force 6, plus de la moitié des bateaux sont restés à quai. Tant pis pour la tentative de record du « plus grand nombre de gréements à corne alignés au départ d’une régate britannique », annoncée à grand tapage. Quatre-vingt-quatorze voiliers se sont tout de même lancés dans un véritable rodéo à travers le Solent où le courant de marée opposé au vent le­vait un terri­fiant clapot. On déplorera une trentaine d’abandons pour avarie.

Keith Allso se trouvait à bord de Beeleigh, lorsque ce voilier centenaire a rompu son bout-dehors : « Nous avions tout dessus, et nous nous disions justement que nous devrions rentrer de la toile à la prochaine bordée, quand boum ! le bout-dehors a cassé. Cela a fait autant de bruit qu’un coup de canon. L’espar est passé sous la quille, ce qui nous empêchait de démarrer le moteur, mais aussi de nous mettre bout au vent. Il nous a fallu amener la grand-voile qui portait, tandis que le bateau gîtait à 45 degrés. J’ai dû me hisser jusqu’à mi-mât pour faire glisser les cercles de mât, tandis que les autres se pendaient à la toile depuis le pont. Les deux voiles d’avant battaient car leurs drailles étaient molles ; il fallait donc se garder des éclisses qui volaient partout. Cela n’a pris que cinq minutes, mais pour nous, c’est comme si cela avait duré des heures. »

Étonnamment, à bord des « survivants » de la régate, la plupart des marins souriaient comme s’ils faisaient un tour de manège dans une fête foraine. La perspective d’avarie ou de casse ne les effleurait en aucune façon.

Cette régate très « virile » aura conclu de façon spectaculaire les fêtes du jubilé, la parade prévue le lendemain ayant dû être annulée en raison du mauvais temps. Parvenue à maturité, l’OGA a pleinement réussi son pari. Faire le tour des îles Britanniques avec de « vieux gréements » et en rassembler deux cents lors d’un festival eut été inconcevable il y a cinquante ans. L’orga­nisation de cet événement aura aussi contri­bué à décomplexer les propriétaires, dont beaucoup ne se seraient pas lancés tout seuls dans cette aventure.

Dirk II, un yawl lancé par William Fife en 1921. © Nic Compton

« Le fait de naviguer de conserve est rassurant, remarque le patron de Bonita, et cela renforce l’amitié. Quand on arrivait au port, on était toujours accueilli à bras ouverts par l’un ou l’autre des concurrents. On a vécu ensemble de grands moments, comme quand on a doublé le cap Ardnamurchan, la pointe la plus occidentale d’Écosse, un endroit mythique. Je garde aussi un souvenir impérissable des tourbillons impressionnants du détroit de Corryvreckan, à l’entrée du canal Calédonien.  »

« Sans l’OGA, je n’aurais pas pu faire ce voyage, avoue Barbara Runnalls, qui, à soi­xante-cinq ans, a bouclé le tour des îles Britanniques en solitaire, à bord de son Moonriver, un Yarmouth 23. Quand j’ai entendu parler du défi lancé par l’OGA, je me suis dit que je pourrais participer à l’étape la plus méridionale, jusqu’au West Country. Mais je n’étais pas encore à Hamble que je savais déjà que j’allais boucler la boucle. C’est une question d’émulation. Au cours du périple, nous avons noué de vraies amitiés. Je n’aurais pas pu y arriver sans ça. Cela dit, je me suis quand même fait peur, surtout quand je me suis échouée sur un banc de sable entre Grimsby et East Anglia. Il faisait nuit, j’étais fatiguée, alors j’ai raté le chenal. J’ai envoyé un pan pan et une demi-heure plus tard j’étais prise en remorque par une chaloupe de sauvetage. »

Malgré cet incident, nul doute que la patronne de Moonriver et ses compagnons de route espèrent que l’association des Old Gaffers n’attendra pas son centenaire pour remettre le couvert.

* Traduction Alain Bories.