L’Hermione en cale sèche

© Association Hermione-La Fayette

À la fin de l’entretien annuel de L’Hermione, en avril 2021, alors que les marins et les bénévoles de l’association armatrice s’apprêtaient à appliquer la peinture sous-marine, des traces d’attaques de champignons étaient repérées sur le bordé… Après dépose de quelques pièces et analyse en laboratoire, les coupables étaient identifiés : il s’agit du lenzite et du polypore des caves. Un choc pour les bénévoles et les marins professionnels, plus aucune navigation n’étant envisageable jusqu’à nouvel ordre.

À la fin de l’été – saison touristique oblige –, le navire a été remorqué jusqu’à Bayonne pour être réparé. Aidés des membres de l’association, les charpentiers du Guip et d’Asselin, avec YachtConcept à la maîtrise d’œuvre, ont déposé les bordages de l’arrière, deux mâts et 40 tonnes de lest pour évaluer l’ampleur des dégâts. Six couples seront à changer ainsi que quelques bordages et une partie de la carlingue. Le reste pourra être traité ou restauré localement.

L’association, restée longtemps silencieuse sur ce sujet délicat, ne se montre pas non plus très diserte à propos de l’origine de cette attaque, sinon pour l’attribuer au temps passé par la frégate en eau douce, dans sa cale de Rochefort. « Le maire a depuis accepté que L’Hermione ne reste plus si souvent dans son port d’attache, mais qu’elle navigue davantage et puisse, par exemple, hiverner à un autre endroit », affirme Guillaume Normandin, directeur technique de l’association.

Par ailleurs, pour éviter la stagnation de l’eau à l’intérieur, les charpentiers ne poseront pas de remplis entre les membres, comme cela avait été fait à la construction, mais laisseront de l’espace et tailleront des anguillers pour permettre un bon écoulement de l’eau. D’autres voix évoquent cependant la possibilité que les champignons aient été déjà dans le bois, ou se soient développés pendant la construction qui a duré dix-sept ans.

Quoi qu’il en soit, ce que l’association qualifie de « grand carénage »  – des travaux qui devraient coûter autour de 3,5 millions d’euros – devrait s’achever en février 2023. On ne peut que l’espérer…

 

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