Construire un bateau-lune

Revue N°264

Bateau-lune
En novembre 2013, pendant trois semaines, quatre charpentiers dirigés par Mohammad Abdul Mannan ont construit ce bateau-lune de 8,10 mètres de longueur, pour 2,36 mètres de largeur et 4,15 mètres de hauteur, déplaçant 3 tonnes. © Zeppelin Network

par Zeppelin Network – Yves Marre n’oubliera jamais le jour où il a découvert le shander-nouka (« lune-bateau », en bengali) : « avec Alain Connan et Marc Van Peteghem, on venait de visiter un camp de réfugiés. démoralisés par tous ces enfants qu’on ne pourrait pas sauver, on a décidé d’aller voir la mer pour se changer les idées.

 

C’est là, sur une immense plage, au sud de cox’s bazar (cm 241), qu’on a vu cette flotte extraordinaire. » Conscient que ce bateau-lune allait bientôt disparaître, le fondateur du chantier Taratari a demandé à des charpentiers du cru d’en refaire un afin de connaître et archiver son mode de construction. Devenue l’emblème du savoir-faire bangladais, cette unité a rallié la France par conteneur pour être présentée au nautic. Elle participera ensuite à quelques fêtes maritimes avant d’intégrer la collection d’un musée.

Bateau-lune

© Zeppelin Network

Bateau-lune

© Zeppelin Network

Bateau-lune

Les étraves (goloïs), comme toute la charpente, sont en « shiuri » et le bordé en « gorjon », essences locales qui ont remplacé le teck, disparu. Le bois des membrures est sélectionné à l’aide de gabarits en tiges de fer cintrées à leur forme. Le traçage s’effectue en tendant une cordelette imbibée d’encre. Les virures du bordé sont clouées entre elles perpendiculairement, dans l’épaisseur du chant, une gorge permettant le passage du chasse-clou. © Zeppelin Network

 

Bateau-lune

© Zeppelin Network

Bateau-lune

© Zeppelin Network

Bateau-lune

Le bois est débité à la scie, dégrossi à la faucille et affiné au rabot. Construite en « bordé premier », la coque s’achève par le clouage des membrures. La forme du bateau-lune s’expliquerait par le fait qu’il doit franchir une barre pour gagner le large : il peut ainsi marsouiner sans mouiller dans les déferlantes. © Zeppelin Network

 

Bateau-lune

Premiers essais sur la rivière Karnaphuli, devant le chantier Taratari. À l’arrière-plan, quelques bateaux
de pêche hauturière que les Bangladais appellent désormais trawlers. Au premier plan, les embarcations basiques
de la petite pêche fluviale, appelées simplement noukas (bateaux). © Zeppelin Network

 

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