Par Pol Corvez – Depuis 1992, Christian Chalandre et son sloup de 34 pieds, un plan Sparkman et Stephens, ont parcouru ensemble quelque 70 000 milles en course ou en croisière. Et le skipper entend bien continuer à conjuguer le verbe naviguer avec Olbia : après trois participations à l’Ostar, dont une couronnée par une victoire en 2017, il s’est inscrit cette année au départ du Tour des îles britanniques et de l’Irlande, par goût des courses anglaises, où les voiliers anciens sont toujours bienvenus.

Selon Christian Chalandre, le S&S 34 est le voilier idéal pour la croisière, la régate et la course hauturière : un « trois en un » en quelque sorte, qui remonte très bien au près avec son 1,92 mètre de tirant d’eau, et se comporte sainement dans les mers formées. Morningtown, la première unité de cette perle, a été dessinée en 1967 pour un yachtman britannique, Michael Winfield, par les architectes américains Sparkman et Stephens. Elle se révèle si performante que son propriétaire incite le cabinet à commercialiser les plans, en demandant à ce que les futurs exemplaires gardent Morning dans leur nom. Dès 1970, Sir Edward Heath remporte avec son Morning Cloud la course Sydney-Hobart, assurant la renommée du S&S 34. Douze seront importés en France… et tous naviguent encore.

Olbia, celui de Christian, a été lancé en 1971 au chantier Aquafibre de Norwich, dans le Norfolk, et c’est avec lui que son skipper est entré dans la légende de l’Ostar, la course imaginée par le navigateur Herbert, dit Blondie, Hasler, un ancien officier de la Marine britannique. Son concept est des plus simples, mais alors complètement inédit et considéré par certains comme une folie : un marin, un bateau, un océan, face aux courants et aux vents dominants de l’Atlantique Nord, entre Plymouth et New York. La première édition se déroule en 1960 grâce au parrainage du journal l’Observer, sous l’égide du Royal Western Yacht Club of England : L’Observer Single-handed Trans-Atlantic Race réunit cinq bateaux sur la ligne de départ. Tous reviendront à bon port… pour la seule et unique fois de l’histoire de la course ! À soixante ans, Francis Chichester remporte l’épreuve en quarante jours, à bord de son sloup de 12 mètres, Gipsy Moth III. Hasler, lui, navigue sur Jester, un folkboat de moins de 8 mètres, gréé en jonque. Pas de radio ni de baromètre « qui [lui] fait inutilement baisser le moral », mais un sextant, quatre chronomètres, un régulateur d’allure… et une clarinette. Il finira deuxième. Et en 1964, c’est Éric Tabarly qui s’adjuge la victoire sur Pen Duick II, en même temps qu’une renommée mondiale. Avec Pen Duick VI, il gagnera à nouveau celle de 1976, sur laquelle cent quatre-vingt-dix-sept bateaux de dix-huit nationalités différentes sont engagés, dont Club Méditerranée à Alain Colas, le plus grand monocoque (72 mètres) jamais mené en solitaire, qui termine deuxième…

Toujours en 1976, les organisateurs décident d’abandonner le classement par handicap et le remplacent par trois prix : le Jester Trophy, pour les voiliers dont la flottaison est inférieure à 8,50 mètres, le Gipsy Moth Trophy (entre 8,50 mètres et 14,02 mètres) et le Pen Duick Trophy (supérieure à 14,02 mètres).

En 2005, devenue Original Single-handed Trans-Atlantic Race, elle se scinde en deux épreuves : à côté de la course des voiliers de plus de 50 pieds (The Transat), les plus petits voiliers disputent la Corinthian Race – une référence au Corinthian football club créé en 1882 à Londres en réaction à la naissance du professionnalisme dans ce sport ; ses joueurs amateurs, connus pour leur fair-play, disputaient des matchs amicaux, refusant de participer à la coupe d’Angleterre…

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Gros temps dans l’Ostar en juin 2017. Le bateau se fait coucher trois fois et une partie de la capote rigide explose. Mais Olbia et Christian terminent premiers de cette édition difficile :
partis à sept, ils ne sont que deux à l’arrivée dans la classe Jester.
© Christian Chalandre

C’est en 2005 que Christian et Olbia s’inscrivent pour la première fois à l’Ostar, avant de devoir renoncer à quinze jours du départ, le bateau n’étant finalement pas prêt. La course ayant lieu tous les quatre ans, on les retrouve au départ en 2009 et, cette fois, il remporte la deuxième place en classe Jester. En 2013, tous deux prennent encore le départ, mais des problèmes d’énergie les poussent à un rapide abandon : « Après ma place de deuxième, je voulais courir pour gagner. C’est une erreur. L’Ostar est une course dans laquelle il faut s’engager pour participer et pour le plaisir d’être en mer avec des copains. » Quand il y revient naturellement en 2017, il rencontre des conditions météo si dures que seuls sept des dix-neuf engagés arrivent à Newport, alors que quatre bateaux sont coulés.

Un extrait du livre de bord du 10 juin 2017 révèle que devant l’agressivité des éléments le marin ne perd ni son sang-froid ni son humour : « À midi pile, le stage de rock n’roll commence et très rapidement on se met en tenue : génois roulé, GV affalée, nous n’avons plus que le tourmentin. Pendant trois heures on enchaîne les figures classiques avec un vent de 45 nœuds, en fuite. À 15 heures, l’animateur pousse encore d’un cran la musique : 50 nœuds, et il nous propose de travailler la figure dite Knock down : vous prenez une grande claque dans la gueule, un grand coup de pied dans le cul, et il faut rester 2 à 3 secondes à l’horizontale, le temps que le reste de roquefort passe de la glacière sur l’écran du GPS. […] Pendant ce temps, les pompiers font un exercice d’alerte incendie et nous matraquent avec deux ou trois lances à pleine puissance. Cette figure sur bâbord n’étant pas parfaite, l’animateur nous propose de recommencer. Bon, deux, ça suffit, je demande au pilote d’abattre un petit peu plus et hop !, nouvelle figure sur tribord. Après avoir vérifié que les pompes fonctionnent, je sors prendre la barre et je peux éviter de retourner au tapis. La mer est majestueuse. C’est un spectacle exceptionnel, mais un spectacle dans lequel on est aussi acteur. Au bout de deux heures, le vent mollit légèrement (à 45 nœuds !), mais surtout la mer devient plus longue. Le pilote peut reprendre la route et je rentre faire un peu de tri. Puis, petit à petit, vent et mer se calment. »

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Dans les années 1970, Christian est second sur Chimère, l’ancien yawl de 14 mètres à Jean Bluche.
© Collection Christian Chalandre
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Pordin Nancq, le Carter 37 à Jean Lamouric, à bord duquel Christian participe aux courses du RORC en 1975.
© Collection Christian Chalandre

À son retour, Christian racontera que, pendant une semaine, il n’a pu progresser que de 300 milles, ce qui lui a valu une traversée de trente-deux jours au lieu de vingt-trois en 2009. To finish is to win, disent les Anglais, mais finir premier, c’est encore mieux : Olbia et Christian remportent la victoire de cette périlleuse édition 2017 dans leur classe, où ils ne sont plus que deux au lieu de sept au départ. « Je me suis fait coucher trois fois, mais ce bateau est d’une solidité exceptionnelle, il est vraiment fait pour le large… »

Jovial, avec une carrure de sportif qui dément ses soixante-dix ans, ce skipper bien trempé navigue depuis qu’il a le bac. Entre la mer et le jeune Parisien, tout commence en Bretagne : après avoir été bénévole et stagiaire le temps d’un été au centre de voile de Rosbras-Brigneau et Doëlan, il passe son Certificat d’aptitude à l’enseignement de la voile (CAEV) et découvre la Bretagne Sud comme chef de bord sur les Belons, la Corvette et le Suroît de l’école. En 1972, alors qu’il étudie à Jussieu, il participe à la création du futur Centre nautique de l’Île-de-France (CNIF) et navigue sur Ker Gwen, un ketch de 11 mètres sur plans Brix, parcourant la Manche et les côtes anglaises l’hiver, les côtes irlandaises l’été. Sans moteur, ni GPS, ni assurance, mais avec un loch, un sondeur, un aviron de godille et un Super Navitech pour la gonio : « On sait quand on part, après on se débrouille pour arriver, pas toujours où on veut et surtout on ne sait jamais quand ! »

C’est à La Rochelle qu’il découvre la régate sur Jabadao avec Guy Cornou, qui gagnera deux fois la solitaire du Figaro : « J’apprends que choquer légèrement l’écoute signifie laisser filer 3 à 4 millimètres tout doucement ; à reconnaître le bon spi au toucher car il y en a cinq, tous de la même couleur pour tromper les concurrents. Je constate qu’avec un tirant d’eau de 1,80 mètre on vire quand le sondeur indique 1,30 mètre ! C’est une rencontre formidable avec un marin d’exception dont je retiendrai toujours les leçons. »

« Ce bateau est d’une solidité exceptionnelle, il est vraiment fait pour le large »

Quant à la pratique, il ne la néglige pas : avec trois copains, ils s’entassent dans une 2cv pour les entraînements d’hiver au Havre, à Saint-Malo ou à La Trinité, souvent au détriment des cours du lundi. En 1975, il navigue l’hiver sur Pordin Nancq, un Carter 37 à Jean Lamouric qui désire participer aux courses du RORC, mais qui ne connaît pas la Manche : Christian fera toute la saison comme navigateur. Entre temps, il termine l’EDHEC à la seconde place sur Sucre, un Super-Arlequin, avec une équipière, Marie-Christine, qu’il trouve « fort sympathique ».

L’été, il enchaîne les courses du rorc, Cowes-Dinard, Cherbourg-Solent, Fastnet, Plymouth-La Rochelle sur Pordin Nancq, avec son équipière préférée… qu’il épouse à la fin de l’année. En cadeau de mariage, il achète, avec des copains, Vahini II, un superbe plan Cornu de 10 mètres, pour naviguer en croisière de la Galice aux Shetlands, bientôt avec leurs enfants, Thierry et Claire. La famille met temporairement sac à terre, le temps de terminer les études, de retaper une vieille ferme et de voir arriver un troisième mousse, Pierre.

On l’oublierait presque, mais Christian a aussi un métier : il est professeur de mathématiques, ce qui ne l’empêche nullement de naviguer – convoyages, Tour de France à la voile, circuit de First Class 8… Président du club de voile de Saumur et moniteur d’aviron, il embarque ses élèves pour les championnats scolaires d’aviron et les encadre pour le Trophée des lycées pendant dix ans.

Une seule règle qui tient en trois mots : naviguer, naviguer, naviguer…

Après la tempête de 1987, il achète un Mousquetaire en parfait état… mis à part un grand trou dans le bordé. Il le restaure vite fait et voilà La Salée remise à l’eau à Angers pour rallier le rassemblement de Douarnenez 88. Au gré des navigations, la famille finit tout de même par se sentir très à l’étroit : cinq membres d’équipage, plus un labrador ! Christian se met en quête d’un voilier plus grand et cherche un Centurion 32. Mais il tombe fin 1992 sur Once again à Lorient, le fameux Sparkman et Stephens 34, dont le coût est un peu salé. Comme il l’a fait pour Vahini II, il trouve des amis pour l’acheter et lui redonne son nom d’origine, Olbia.

Devenu enseignant vacataire à l’iut d’Angers, Christian fait aussi participer ses étudiants à la course de l’EDHEC à Brest et aux Sables-d’Olonne. Il navigue entre deux et trois mois par an, hiver comme été, et invite de nombreux équipiers, membres de sa famille, amis, anciens collègues ou étudiants, skippers de tous horizons, à monter à bord. Mais c’est en 1998 qu’il goûte à la navigation en solitaire lors de régates en Bretagne Sud, dont celle des Vieux-Safrans, au cours de laquelle il rencontre Mico Bolo, le créateur de la Transquadra. En 1999, il s’engage sur la course avec Olbia, et termine second à la première étape. Si des soucis de gréement l’empêchent de figurer honorablement au classement général, il vient de se voir inoculer le virus du large en solitaire…

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Avant le rachat d’Olbia par Christian, le plan S&S 34 participe à la course Cowes-Dinard, organisée par le RORC, dans les années 1970.
© Collection Christian Chalandre

Alors, quand il y retourne en 2002-2003, c’est pour remporter les deux étapes de la Transquadrasolo ! L’année suivante, il lui faut cependant marquer une pause : du haut de ses trente ans bien sonnés, Olbia a besoin d’être rafraîchie, ce qui, on s’en souvient, lui fait manquer le départ de l’Ostar en 2005. « J’ai refait pratiquement tout l’intérieur, changé le liston, refait la peinture de coque, le pont, le rouf… » Parmi les rares modifications effectuées au fil des ans, Christian a supprimé la couchette navigateur à l’arrière bâbord pour en faire une penderie et y mettre ses outils, et a ajouté une capote rigide. À peine remise à neuf, Olbia remporte la deuxième place dans la course Skipper d’Islande, entre Paimpol et Reykjavik, en 2006…

Le palmarès exhaustif de Christian et Olbia serait fastidieux à établir… et risquerait, de plus, de chatouiller sa modestie. Mieux vaut revenir à l’expérience qu’il s’est forgée au fil des courses, en commençant par la règle primordiale qui, selon lui, tient en trois mots : naviguer, naviguer, naviguer. C’est la seule façon de connaître son bateau, ses propres capacités et ses limites. Et puis il faut mettre au point des protocoles de manœuvres et de sécurité et les respecter jusqu’à ce qu’ils deviennent des automatismes, ce qui vaut aussi pour la navigation en équipage : pour les néophytes qui l’accompagnaient sur le Spi-Ouest, Christian a ainsi réuni dans une brochure les détails de chaque manœuvre, ce qui a permis d’éviter les gros cafouillages et de simplifier les débriefings d’après course – autour d’un single malt, comme il se doit.

Pour la préparation à l’Ostar, l’un des terrains de jeu favoris de Christian est la mer d’Iroise et le Sud de la Cornouailles anglaise : la côte est magnifique, les Britanniques sont d’excellents marins, et les pubs, accueillants. La manœuvre d’un voilier de 10 mètres bien équipé n’est pas particulièrement physique. « À terre, il suffit d’un peu de footing et de vélo pour s’y préparer », estime Christian, qui pratique aussi la plongée depuis plus de vingt ans, une discipline exigeant de disposer d’un matériel en parfait état, de respecter des protocoles, de rester calme en toute situation et d’être « bien dans sa tête »… comme pour mener un voilier par gros temps.

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En 2009, c’est dans un nuage de fumigène que Christian fête sa deuxième place dans l’Ostar à l’arrivée à Newport.
© Billy Black

Quand il court en solitaire, Christian peut s’endormir en un clin d’œil et se réveiller au moindre bruit insolite. En 2009, « après vingt-quatre heures sans avoir dormi dans du très gros temps, je me retrouve debout sur les barres de flèche pour remettre quelques rivets sur le rail de grand-voile, attendant qu’un équipier me passe les outils ! Quelques minutes plus tard, ne sachant plus si j’étais en course, en convoyage, en solitaire ou en équipage, je redescends et décide de m’allonger quelque temps. C’est là que j’ai compris qu’il était dangereux de se mettre dans le rouge… »

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Départ de l’Ostar en 2017. Olbia fait partie des plus petits voiliers qui courent dans la Jester Class, du nom du folkboat de 7,60 mètres sur lequel le créateur de la course, Blondie Hasler, s’était engagé lors des deux premières éditions.
© Paul Gibbins

En 2018, Christian dit avoir « été à moitié tenté » par la Golden Globe Race, la course à l’ancienne dans le sillage de Robin Knox-Johnston, mais son S&S 34, s’il avait bien l’âge et la taille pour s’inscrire, est dépourvu de quille longue. « Je n’avais pas envie de changer pour un Rustler 36, un joli bateau mais moins performant au près que le Morning. Et puis, j’ai une épouse, des enfants, des petits-enfants, et partir sept mois, ça fait quand même beaucoup ! » Alors, il fait deux saisons tranquilles en Bretagne et en Galice pour préparer l’Ostar.

« on cherche à gagner, bien sûr, mais l’important c’est de participer »

Mais la course anglaise n’a pas eu lieu en 2020 – virus not permitting – et, entre temps, Christian a jeté son dévolu sur le Tour des îles britanniques et de l’Irlande (Round Britain and Ireland race, RB&I), organisé par le RWYC de Plymouth, comme l’Ostar, et créé par le même Blondie Hasler en 1966. Pour agrémenter le parcours de 2 000 milles de cette course en double, les équipages doivent honorer des ports d’escale et y passer au moins quarante-huit heures : en 2022, ces ports sont Galway en Irlande, Lerwick dans les Shetland et Blyth sur la côte Est. Cette course accueille tous les types de bateaux car, selon Blondie Hasler, la mer est le seul juge de leurs qualités marines, qui dépendent aussi de la manière dont ils sont manœuvrés. Si les jauges IRC ou Mocra (pour les multicoques) permettent de départager les concurrents, un skipper a un jour noté dans son journal de bord : « Vent Nord-Est force 9 dans le nez : que les fanatiques de rating aillent se faire voir ! » Tout est dit.

« C’est toujours cet esprit corinthien, amateur, note Christian. On cherche à gagner bien sûr, mais l’important c’est de participer, c’est quelque chose qui a en partie disparu en France. Je suis le dernier dinosaure à avoir gagné la Transquadra avec un vieux bateau, parce que maintenant, il faut un JPK ou un Sunfast. Bien sûr, ils ont le plaisir des surfs à plus de 15 nœuds, alors que je ne dépasse jamais 7 ou 8 nœuds, mais le budget n’est pas non plus le même. Alors qu’il suffisait d’un “petit” billet de 10 000 euros pour participer, il faut maintenant compter plus du triple ! Désormais, mon bateau ne peut plus y participer à cause de son rating trop faible. À l’inverse, dans les courses anglaises, on voit des Sunfast, des Westerly… Les Anglais ont des bateaux de croisière et ils courent avec. Ils les optimisent à fond, mais ils n’achètent pas un bateau juste pour faire une course ! »

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Les principales courses dans lesquelles Christian a engagé Olbia les ont menés aux usa (Ostar), en Islande (Paimpol-Reykjavik), aux Antilles (Transquadrasolo) ou aux Açores (Azab,
Route des hortensias).

Pour cette quinzième édition du RB&I, Christian sera associé à Pascal Corps, un ami de longue date. « Il fallait un équipier sérieux et j’attendais que Pascal soit à la retraite. C’est un garçon qui a fait deux fois les JO en aviron, on est allés deux fois aux Açores, une fois en Islande et en croisière à Terre-Neuve, il est parfaitement compétent. » Le bateau, préparé pour l’Ostar 2020, a seulement reçu depuis un hydro-générateur. Quant au parcours, pas de surprise, Christian adore les côtes irlandaises et écossaises, et il s’est aussi offert un petit tour du côté des Féroé il y a dix ans, « un coin très sympathique ».

À un mois du départ, avant le grand carénage, Christian avait la pêche. Au niveau sécurité, tout était prêt aussi : « On a le gilet avec la capuche pour pas se mouiller les cheveux si on tombe à l’eau ! Au moment de la visite de sécurité à Plymouth, ils connaissent Olbia et ne m’embêtent pas trop. Ça fait cinquante ans que je navigue, trente ans que j’ai ce bateau… et je ne compte surtout pas en changer ! »