Par Serge Lucas – Sur la plaine abandonnée par la Mer du Nord à marée basse, au pied des dunes de sable, les pêcheurs de crevettes à cheval d’ Oostduinkerke restent les derniers à pratiquer une forme de pêche qui remonte au Moyen-Age. L’homme et le cheval, en équipages nombreux autrefois, traînaient leurs filets sur les plages de la Mer du Nord. Ces derniers représentants d’un métier côtier séculaire où l’homme et l’animal unissent leurs efforts pour survivre dans leur environnement naturel participent aujourd’hui, pendant les mois creux, à l’animation estivale.

Le ciel, la mer, la plage… tout est gris. Est-ce juin ou novembre? Vent, pluie et froid, le temps est au mauvais, et la Mer du Nord n’en finit pas d’ourler de longues vagues d’écume sur cette plage immense. Les chansons de Brel ressurgissent, se bousculent, s’entrechoquent et les couplets se mêlent ; « avec le vent du Nord… la plage était déserte… regarde bien petit, regarde bien là-bas entre ciel et…  »

Dans ce décor monochrome et envoûtant, un cheval et son cavalier, vision presque irréelle, avancent dans l’eau parallèlement à la grève. Les grains redoublent, poursuivant insensibles leur progression. Lise, le Brabandère roux, relève de temps en temps la tête pour éviter que les embruns ne lui mouillent les naseaux. Le poitrail et le flanc exposés au large sont battus régulièrement par les vagues. Lise n’en poursuit pas moins son trait. Maurice Denecker, bien calé sur sa selle, tient les rênes d’une poigne tranquille, comme le capitaine pose la main sur sa barre. Il est réellement pêcheur. Et ce n’est pas pour le spectacle qu’il traque les crevettes.

Jadis pratiquée sur tout le littoral belge mais également aux Pays-Bas, en Angleterre, en Allemagne et sur les côtes du Nord de la France, la pêche à cheval n’a survécu qu’à Oostduinkerke, plage de Coxide entre la Panne et Nieuwpoort, à quelques kilomètres de la frontière française.

En baissant légèrement la tête pour se protéger du nouveau grain qui arrive du Noroît, Maurice Denecker explique : « sur toutes les plages on a construit des briselames, de grands barrages pour tenir la mer. Et partout maintenant des trous se forment et se déplacent au gré des tempêtes. Ici l’estran est plus large que sur le reste de la côte, la mer n’attaque pas les dunes qui font un barrage protecteur. Les brise-lames ne sont pas nécessaires et il reste assez d’espace pour y traîner en sécurité son chalut. »

Le flot commence à gagner du terrain, la marée est terminée. Elle a duré un peu plus de deux heures. Chalut, homme et panier ont pris place dans la carriole, sur le chemin du retour. Le mer encore basse révèle les zones de pêche, entre les bancs, du Steile Bank, le plus proche des dunes au Spanjaard, le plus au large.

Remontant au moins au XVe siècle, cette pêche est une activité complémentaire pour les villages à l’abri des larges dunes, où chaque maison possède à proximité quelques champs cultivés. Les plus riches travaillent la terre avec un cheval et peuvent l’utiliser pour la pêche à la crevette. Le dressage est simple et consiste surtout à habituer sa monture au ressac, à doser son effort suivant la force de la houle. Entre les deux guerres, des mules furent utilisées, mais un beau cheval, de la race des Brabandères, fait la fierté des pêcheurs. Comparés aux pêcheurs à pieds, ils disposent d’une puissance très supérieure. Cet avantage est modéré par le règlement qui impose une maille plus large aux engins de pêche.

Aujourd’hui, la pêche des crevettes à. cheval a gardé son authenticité ; les manifestations folkloriques de l’été ne doivent pas masquer la réalité des autres saisons, quand les touristes sont repartis ; elle n’en demeure pas moins, comme autrefois, une activité complémentaire ne se pratiquant au mieux, que quelques heures par jour ; par marée de pleine lune, cinq bancs de sable découvrent devant Oostduinkerke, les trois premiers, à partir des dunes sont nommés : Steile bank, plus au large on trouve le Kordeelbank puis le Stakebank. Un sixième banc est visible vers le 21 mars, le Witbank (ou Utbank en dialecte) si les vents soufflent de bonne direction ; enfin le Spanjaard découvre très exceptionnellement.

Ces zones de pêche sont d’un intérêt inégal : les crevettes viennent aux abords du quatrième banc, sont pratiquement absentes entre le quatrième et le cinquième puis nombreuses de nouveau entre le cinquième et le sixième, mais il faut, pour atteindre cette dernière zone, une marée assez forte.

La pêche va pouvoir commencer une heure avant la basse-mer et se prolonger pendant l’étale et la première heure du flot. A ces contraintes d’horaire et de marée vient s’ajouter un impondérable : la température. Quand elle est trop chaude comme en été, les méduses remplacent les crevettes ; trop froide, celles-ci cherchent des eaux plus profondes. Les périodes les plus fastes se situent au printemps entre avril et juin, et à l’automne entre octobre et mi-décembre.

Depuis trente-cinq ans, la pêche des crevettes à cheval ne se pratique plus qu’à Oostduinkerke. Après avoir été une quarantaine en 1950, seuls restent trois pêcheurs et leur monture. H. Loones, bourgmestre d’ Oostduinkerke décide, pour sauver cette activité, d’aider les équipages en les rémunérant en juillet et en août sur les subsides de la commune. Le tourisme y trouve son compte en conservant un spectacle attachant, et les pêcheurs un complément aux gains du printemps et de l’automne. L’idée était bonne puisque la troupe des pêcheurs est aujourd’hui remontée à sept équipages…

Victor Geryl dit le Boerl est leur doyen avec ses quatre-vingt deux ans ; Harry Durant le Rouge, loueur de chevaux de 65 ans n’est pas le moins acharné; Armand Vanbillemont, marchand de charbon, dit le Mang est le chef des pêcheurs ; Roland Vanbillemont, 39 ans, le fils, est marin-pêcheur sur les bateaux d’Ostende; Eddy Dhulster, 40 ans, opérateur-radio se porte toujours volontaire pour les services de nuit afin de pouvoir venir pêcher le jour ; Marcel Dedrie, 59 ans, est marchand de charbon lui aussi et Maurice Denecker que ses amis n’ont pas suivi en ce jeudi désastreux, tient un café, le « Peerdevisscher Estaminet » haut lieu sympathique .des amateurs de pêche à cheval, comme son nom l’indique bien en flamand.

Avec ses courtes moustaches blondes encombrées de pluie, ses bonnes joues rouges, Maurice garde sa bonhomie amusée à travers les saisons. Ce métier il l’a voulu, il en a rêvé tout gosse. Onze ans après avoir abandonné le volant de son camion de routier international qu’il conduisait jusqu’en Italie, il conserve le même enthousiasme, la même joie de faire ce qu’il. aime. Un enthousiasme pas très démonstratif mais chaleureux. Et Lise, son cheval, semble avoir acquis la même philosophie.

La pêche à la sole

Avant la dernière guerre et occasionnellement, il arrivait que deux chevaux tirent ensemble un même filet à mailles de 6 cm, pêche appelée seyne mais qui s’assimile parfaitement à la pêche en bœufs de nos chalutiers. Pour cette pêche dit Maurice « il s’agissait d’être deux vrais copains, avoir le même goût et le même sens du travail, savoir écouter l’autre et partager aussi bien les ennuis que les recettes, ce n’est jamais très facile. »

De son estaminet, au centre du bourg, Maurice a gagné la plage dans sa carriole découverte. Deux corbeilles d’osier, les Seinekorven, l’engin de pêche et un tamis occupent le reste de la place. Descendu à l’Est de la plage, il a poursuivi encore un peu dans cette direction, évitant les quelques dépôts de vase, traversant une ou deux mares, avant de s’arrêter tout au bas de l’eau. Il ne lui a pas fallu beaucoup plus de cinq minutes pour dételer Lise des brancards de la carriole, étaler le filet sur le sable en prenant soin de bien fixer les planches des panneaux de chalut, (ici on parle de portes), et accrocher les câbles à la selle en bois. Un matériau qui a fait ses preuves à la mer…D ‘un mouvement en trois temps, peut-être pas très académique, mais terriblement efficace, il a placé le pied dans un étrier, s’est accroché à l’encolure de son cheval et s’est retrouvé assis sur la selle les deux jambes en l’air. L’instant d’après, l’équipage était en marche vers les premiers rouleaux.

Le cheval et son cavalier pendant un trait, un jour de grand beau temps. L’homme est bien calé dans sa selle en bois ; un matériau qui, au contraire du cuir, n’a pas besoin d’être gorgé de graisse pour résister au sel. Afin d’améliorer son assiette, et son confort, le pêcheur à cheval dispose sur la selle un coussin rempli de paille de seigle.

Le musée de la Pêche d’Oostduinkerke

Créé par Gaston Desnerck, ce musée de la pêche, le seul en Belgique, est situé en plein centre du village, dans le cadre riant d’un espace de verdure ; tout y respire la bonhomie et la chaleur de la vie. Le musée est centré autour d’une belle galerie où est exposée une importante série de maquettes des différents types de chalutiers ayant navigué le long des côtes flamandes depuis les années 800 jusqu’à nos jours : dogre, hourque, buse, barque ostendaise… et pêche à cheval. Cette galerie est également ornée d’œuvres sur le thème maritime réalisées au début du siècle. On y admire des marines d’Artan, Farasyn, Boudry. La salle consacrée à la construction navale présente quantités d’objets de chantier dont une collection complète d’outils : marteaux à river, calfats, tarières, rabots, etc…

A l’extérieur, amarrés à un ponton, un crevettier, deux barques et un hoogaar peuvent être visités. Un peu à l’écart, les vieux tilleuls et châtaigniers du parc veillent sur les pierres tombales portant les noms des pêcheurs flamands péris en mer. Une maison de pêcheurs merveilleusement restaurée donne une image très précise de la façon dont vivaient ses habitants dans la cuisine, la pièce principale, les alcôves. On présente aussi la remise et les étables, sans oublier le traditionnel jardin potager.

Et enfin, dans l’estaminet « In de peerdevisscher » (Au Pêcheur à Cheval), auberge des années 1900, Maurice Denecker vous fera goûter ses crevettes toutes fraîches, arrosées d’un verre de bière. Bref, une visite à ne pas manquer…

Le chalut

Même si les pêcheurs d’Oostduinkerke parlent le plus souvent de filet, celui-ci a toutes les caractéristiques d’un chalut. Mais ici aussi, tout en respectant les normes générales, chacun met au point ses propres réglages. Maurice Denecker travaille avec un chalut de 8 mètres de large et 12 mètres de long. Les mailles à l’entrée sont de 12 millimètres et de 11 à la poche. « Les autres ont des mailles de 10 et 9, ce qui est réglementaire, ils pêchent un peu plus, mais mes crevettes sont plus grosses et je crois que j’y gagne!’ L’assemblage des pièces du filet est très semblable à celui d’un chalut moderne ; les parties inférieures et supérieures, le ventre et le dos sont gréés sur le côté. On y ajoute les ailes qui peuvent varier selon le goût du pêcheur ou du fabricant. Chaque aile est reliée à son panneau, la porte, par deux courts câbles : les entremises, de ventre et de dos. La gueule du filet est gréée pour la partie ventrale, d’une ralingue puis d’une chaîne qui « aiguillonne » les crevettes. Une boule de plastique, au milieu de la corde de dos maintient le filet ouvert. Les portes sont rectangulaires de 65 cm sur 45 cm, en bois, avec des renforts en fer.

D’autres pêcheurs utilisent des portes plus légères. C’est le professeur Georges Ghïjs de l’Ecole de Pêche de Nieuwpoort, qui mit au point cet engin performant au début des années cinquante. Il pratiquait lui-même très souvent cette pêche. Avant son intervention, les pêcheurs utilisaient un chalut à perche et patins de fer, réduction du modèle employé sur les chalutiers classiques. Plus anciennement encore, on se servait d’un engin traditionnel, le Peerdekarte, constitué d’un filet triangulaire et d’un racloir de bois, comparable au chalut à bâton.

Battu par les vagues, Lise incline la tête. L’allure est régulière, le train de pêche toujours bien aligné dans le sillage du cheval si l’on en croit les funes (Schranken) attelées de chaque côté du harnais. Pas un pan n’apparaît du chalut, bien posé sur le fond. A moins de trois kilomètres, les jetées de Nieuwpoort marquent un léger trait plus sombre dans toute cette grisaille. Seule tache de couleur jaune : l’équipement de pêcheur de Maurice. La pêche durant une demi-heure, se poursuit dans le plus pur style décrit par Emile Verhaeren dans un de ses poèmes : « les cinq pêcheurs équestres de Coxyde pêchent nonchalamment le long de la mer:’ Maurice est seul, mais c’est bien la nonchalance qui caractérise la scène, même au milieu de ces éléments atmosphériques désastreux.

Revenu sur le bord après un trait, Maurice a défait le nœud de raban du cul de chalut et en déverse le contenu dans son tamis. On voit nettement le gréement du train de pêche : les funes attelées aux sangles arrière de la selle, les deux panneaux divergents (ou portes), les ailes et la boule-flotteur qui, en soulevant la corde de dos, maintient ouverte la gueule du chalut. Quand le vent d’Est a soufflé, on trouve beaucoup de débris d’algues et d’impuretés dans l’eau. Elles remplissent le filet, rendant le tri long et difficile. Au bout de deux heures de travail, Maurice attèle à nouveau la carriole qui lui sert à transporter tout son matériel. La marée est terminée.

Après trente minutes de traîne, Maurice Denecker ramène sa monture et son chalut sur le sable, hors de l’eau. D’un saut agile il est à terre, sans précipitation mais avec cette anxiété à peine perceptible, commune à tous les patrons de pêche. Il va d’un pas ferme vers le cul de son chalut. « Ce ne sera pas la fortune aujourd’hui! » lance-t-il dans une moue-sourire indéfinissable. Prestement, il défait le nœud de raban et déverse dans son tamis, qu’il avait emmené accroché à sa selle, le fruit de sa pêche. Tout y entre en une fois. « Tiens, une belle sole à manger ce soir ! » et tout en la lançant dans sa corbeille, il commence à secouer pour enlever le plus gros des impuretés et surtout les trop petites crevettes. Le reste est déposé dans la même corbeille. Le nœud refermé, les portes alignées, non… Maurice s’accorde une minute pour contempler cette plage immense et totalement déserte. Une profonde respiration et il est de nouveau à son poste de commandement, sur Lise. On rabat le trait. Une demi-heure encore pour arriver à hauteur de la carriole. Le temps est toujours le même, la marée sera complète ! Ce second trait n’est guère plus productif, et comme le vent a encore forci, Maurice décide de ne pas insister, il y aura de meilleures marées.



L’automne en Flandres. Les carrioles reviennent de la marée, le long des petites routes, rectilignes comme la côte. Dès le retour, on s’occupe sans tarder du produit de la pêche. Les crevettes sont étalées sur une table, débarrassées des déchets, puis triées à l’aide d’un grand tamis. On sépare les petites, les moyennes et les grosses ; elles sont ensuite brièvement plongées dans une marmite d’eau salée bouillante. Une heure après, tout est vendu. Rien n’est meilleur que ces crevettes fraîches, encore tièdes, que l’on accompagne de solides lampées de bière. Les pêcheurs qui vendent à domicile n’ont aucun mal à les écouler. Si les prises ne sont plus très importantes aujourd’hui, les grandes réussites ont été consignées dans une espèce de livre d’or. Ainsi on apprend qu’en une seule marée, en 1929, Eddy 011ieume avait récolté 127 kg et Maurice Thybaut 130 kg. Les plus fortes pêches eurent lieu au lendemain de la guerre, après des années d’inexploitation . En 1944, David Daneel a pu ainsi pêcher 224 kg de crevettes en moins de trois heures ! La cour de la maison est aussi le lieu où l’on ferre les chevaux, dont les pêcheurs d’Oostduinkerke prennent grand soin. Au moment où le métal rougi vient se plaquer sur la corne du sabot, une fumée bleu pâle enveloppe le cheval et les hommes, diffusant une odeur âcre dans l’air vif. Dans quelques instants, quand le maréchalferrant aura enfoncé les clous à tête carrée qui maintiennent le fer en place, la jument sera prête pour six nouveaux mois de travail.

Aujourd’hui, Oostduinkerke tire parti de ses pêcheurs à cheval. Le tourisme local y a gagné, et à l’entrée de la ville, les poteaux indicateurs arborent l’effigie d’un équipage.

Point commun à l’ensemble des métiers, le vent n’est guère apprécié. Encore qu’il s’agisse toujours de moduler ces considérations; les pêcheurs d’anguilles de l’étang de Berre n’attendent-ils pas souvent le mistral ? « C’est mieux lorsqu’il n’y a pas du tout de vent, remarque Maurice Denecker, mais à tout choisir, je préfère le vent qui vient du Nord-Ouest au Nord-Est que celui qui souffle de l’Est. Sans vent, les eaux sont claires et ne contiennent que des crevettes, par contre quand c’ est le Vent du Pays comme on dit, celui de l’Est, les eaux sont sales et le tri est long. Quand le vent vient de la mer, curieusement les saletés s’en vont vers le large donc à contre-vent. Le Vent du Pays a un autre inconvénient : lorsqu’il souffle quatre ou cinq jours de suite, il dessèche le sable qui devient très léger, s’amoncelle en certains endroits et provoque des retenues parfois dangereuses. Les chevaux enfoncent leurs sabots et il arrive que la chaîne s’enterre et qu’on doive venir la rechercher le lendemain. »

Maurice a attelé de nouveau Lise dans les brancards de sa carriole, il charge son filet, ses portes et ses corbeilles. En route. La plage est toujours déserte et grise, le ciel ne s’éclaircira plus aujourd’hui, quelques goélands viennent quémander des petits poissons, la pêche n’est pas bonne non plus pour eux… « Trois kilos peut-être, moi je ne me plains pas, il y a des jours meilleurs, rarement plus de quinze kilos cependant, mon record est de cinquante-huit kilos en une marée, mais je ne me souviens plus quelle année ! On fait parfois de bonnes pêches à la reprise en février, quand les bateaux ne peuvent pas sortir et que les prix montent. On pêche toute l’année sauf pendant les gelées, les chevaux sont plus résistants que les hommes et bien qu’ils soient dans l’eau, ils ont beaucoup moins froid que nous. »

Juché sur sa carriole, Maurice a regagné son estaminet. Il étend d’abord son filet sur un mât pour le faire sécher puis s’occupe de sa pêche. Trois tris vont se succéder pour éliminer les petits crabes et les impuretés d’abord, pour séparer les petites, les moyennes et les grosses crevettes ensuite. Et puis dans une grande chaudière, comme celles utilisées naguère pour laver le linge, les crevettes sont plongées quelques minutes dans l’eau bouillante. Une heure après son retour, la pêche est vendue. Les pêcheurs ont, entre eux, la convention de vendre au même prix sans tenter de surenchères. La marée est alors réellement terminée, Maurice retourne s’occuper avec son épouse de son café de pêcheurs où les touristes affluent en toutes saisons… Les autres pêcheurs sont également retournés à leurs occupations. Oostduinkerke, dont la fierté de conserver cette activité ancienne est visible à tous les coins de rues, n’a pas fini d’ attirer les curieux et les amoureux de la tradition.

 

Crédit photographique : Serge Lucas – Claude Rives, Marina Cedri

Remerciements : Nous remercions tout particulièrement M. Willem Lanszween, du Visserijmuseurn d’Oostduinkerke, et Mme Marie-Thérèse Prevosto pour l’aide qu’il nous ont apportée.