par Patrick Jean- Pratiquée depuis des siècles aux îles Féroé, la chasse aux globicéphales noirs provoque aujourd'hui l'indignation d'une partie de l'opinion. Au-delà des polémiques engagées par certains mouvements écologistes et attisées par la presse à sensation, l'article de Patrick Jean fait le point sans a priori ni complaisance sur cette pratique sanglante, sans omettre de la replacer dans son contexte géographique, social et culturel. A chacun de juger s'il doit s'arrêter au choc des images, ou tenter de comprendre cette coutume. Tâche difficile, dans notre monde hyperconditionné où le spectacle de la mort est évacué, où même la place accordée à l'enfance et à la vieillesse reculent sans cesse, quand les Féroiens, malgré un niveau de vie élevé, restent encore en contact étroit avec un milieu naturel très dur... Leur attachement aux chasses traditionnelles n'est-il pas, par ailleurs, l'un des signes de la persistance de l'identité d'un peuple qui a su se préserver de toute assimilation ? Loin de céder à l'attrait du tourisme de masse, ou de perdre leur vitalité comme tant de populations îliennes, les Féroiens ont su développer une économie maritime extrêmement dynamique, et restent à la pointe de l'innovation technologique et commerciale depuis vingt ans dans le secteur des pêches européennes. Une leçon à méditer ?