La vie quotidienne au chalutage : du classique au pêche-arrière, 1963-1983

Revue N°009

A virer le chalut : deux hommes sont à leur poste, au treuil électrique. A droite, Jo Pronost manœuvre le chemin de fer que l'on voit au premier plan et qui permet de répartir le câble autour des bobines. A gauche, le bosco surveille la remontée du train de pêche et commande l'embrayage de l'appareil. Là longueur de câble correspond environ au triple de la sonde à laquelle travaille le chalut. Il est donc fréquent de remonter ainsi près de 1500, voire 1800 mètres de filins.
Par Roger Cougot - Spécialiste de la pêche maritime dans un grand quotidien français, Roger Cougot n'a pas toujours été journaliste. Marin pêcheur de métier, il a pratiqué le chalutage l'hiver avec les Etellois et la sardine d'été sur les bateaux de Gâvres. Au terme de plusieurs embarquements à bord du Ravignan, un chalutier classique à pêche latérale, Roger décide, en 1963, de rédiger un témoignage aussi précis et objectif que possible sur la vie de l'équipage lors de ces marées d'une quinzaine de jours en mer d'Irlande et dans le Nord-Écosse. Écrit il y a vingt ans en collaboration avec les autres matelots du bord, ce texte a aujourd'hui valeur de document. Le Chasse-Marée a demandé à Joël Perrot, patron du Pors Piron, un chalutier douarneniste moderne de 38 m travaillant en 1983 dans les mêmes zones, d'en faire un commentaire serré. Quelles améliorations dans les conditions de travail des équipages la modernisation a-t-elle apporté ? Vu de l'extérieur, le chalutage industriel semble avoir gardé la même violence exténuante, éprouvant au-delà de la fatigue les hommes et le matériel, dans des mers difficiles où il n'est pas rare de mettre en pêche quand la plupart des bateaux sont à l'abri ou en cape. Amélioration sensible du confort de l'équipage, sécurité accrue des manœuvres, certes. Mais Joël Perrot l'avoue lui-même : tout cela contribue aussi à tenir en pêche plus longtemps qu'autrefois dans le mauvais temps, reculant ainsi les limites de la résistance physique. Quel est, au-delà des formules creuses, le contenu réel du « progrès » en matière de pêche ? En mettant le présent en perspective, le Chasse-Marée tente aujourd'hui d'aider à la perception d'une histoire immédiate. Explorer le passé d'une activité maritime proche ou lointaine, c'est le contraire du « passéisme ». C'est tenter de se donner des points de repère dans une évolution qui ne devrait pas être une simple fuite en avant.

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