Albaola

Revue N°184

traînière, Albaola, pays basque
Mise à l'eau de la traînière Ameriketatik. © Albaola

Lassociation Albaola œuvre depuis 1997 pour le patrimoine maritime basque. Elle a élu domicile à Pasaia (en castillan Pasajes), à 5 km de Donostia (Saint-Sebastien), où elle a créé voici cinq ans le Centre de recherche et construction d’embarcations traditionnelles Ontziola. Nous y réalisons des répliques de bateaux anciens, comme cette chaloupe baleinière du XVIe siècle mise à l’eau en juin dernier et baptisée Butus, d’après l’ancien nom du site du Labrador où son modèle avait échoué suite au naufrage du galion baleinier basque San Juan, en 1565. Une seconde embarcation identique est actuellement en chantier, tandis que la reconstruction du galion lui-même se prépare ; l’abattage du hêtre pour la quille est prévu cet hiver. L’association bretonne De Navigatio nous a aussi sollicités pour la reconstitution d’un bateau égyptien dans le cadre de son projet de tour de l’Afrique intitulé Le Voyage de la fille d’Amon. La rigueur scientifique de son travail a également valu au Centre de restaurer l’épave d’Urbieta, un bateau non ponté de 11 m construit à clins de chêne, datant du XVe siècle, qui sera bientôt exposé au musée maritime de Bilbao.

[caption id="attachment_7579" align="aligncenter" width="363"]pays basque, Albaola, chantier naval Xabi Agote © Albaola[/caption]

Mais, contrairement à ce dernier, les répliques que nous construisons sont destinées à prendre la mer. Ces sorties assurées par les bénévoles de l’association permettent de vérifier la réalité des théories développées lors de l’étude précédant la construction de chaque bateau, notamment celles concernant le réglage et l’efficacité du gréement. Toutefois, ce travail scientifique n’exclut pas un usage ludique de notre flottille. Albaola accueille tous les amateurs de voile-aviron qui souhaitent “naviguer autrement” le long du magnifique littoral basque. Nos chaloupes sont ainsi armées par des équipiers de tout âge, sans exclure, bien au contraire, la participation féminine.

Albaola participe ainsi à de nombreux rassemblements de bateaux traditionnels organisés dans différentes régions d’Europe. A cette occasion, nous avons notamment tissé des liens très étroits avec la Fédération galicienne pour la culture maritime et fluviale. En juillet dernier nous étions au rassemblement de Cambados, qui accueillait une flotte de deux cent cinquante bateaux venus des quatre coins de la péninsule Ibérique. Quelques jours avant, nous avions visité le petit port de pêche de Muros en compagnie d’élus de Pasaia, en vue de développer des projets maritimes communs entre les deux communes. Et le mois suivant nos deux flottilles se retrouvaient à Pasaia, pour la première fête maritime basco-galicienne.

Nous organisons aussi des expéditions spectaculaires, pour motiver les équipages et défendre des idées qui nous sont chères. Notre bateau expérimental en cuir Bartholome a ainsi rallié la Galice par la mer, en compagnie de son homologue breton Sant Efflam et du grand curragh irlandais Colmcille. Au cours de cette randonnée côtière de 400 milles, nous avons pris conscience de la richesse de ce littoral, et c’est tout naturellement qu’une cinquantaine de membres d’Albaola se sont ensuite rendus en Galice pour participer au nettoyage de la côte souillée par le Prestige. Par ailleurs, en 2003, notre traînière Ameriketatik a fait le tour de l’Irlande avec le Colmcille, pour défendre la cause de la paix et la réconciliation entre les communautés antagonistes, ce qui nous a valu d’être chaleureusement accueillis par la Présidente Mary McAleese.

C’est encore en compagnie du curragh irlandais que, l’été dernier, nous avons rallié Pasaia au départ de Cambados, afin de constater l’état des côtes trois ans après la marée noire. A chaque escale, notre slogan Urdina itsasoari (“Du bleu à la mer”) a trouvé un écho favorable auprès des pêcheurs. Au cours de ce périple, nous avons remonté la ria Oka jusqu’à Guernica, où nos amis irlandais ont symboliquement planté un if de leur pays, qui désormais grandira avec le chêne sacré des Basques.

Albaola s’emploie enfin à monter des expositions. Elle a ainsi présenté De la forêt à la mer à Ostabat, un village de Navarre où elle a coutume de s’approvisionner en bois tors, et doit présenter le patrimoine maritime basque à Brême en 2007.  Xabi Agote

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