Les saurraïres : lesteurs de Méditerranée

Revue N°127

Trois tartanes chargent du sable, un matin, sur la plage de la Bocca (Cannes), au pied de l'Esterel. Au premier plan, le Courbet, aux frères Coppola de Saint-Tropez ; son élégante tonture et son étrave à guibre se distinguent de celles de sa voisine, qui évoque les lignes moins élancées d'un bateau-bœuf. La couffe sur l'épaule, les porteurs courent si vite sur les planches que leur silhouette est floue.
Par Patrick Bertonèche - Sans doute la corporation des lesteurs doit-elle son nom au temps où le sable servait à assurer l'équilibre des navires naviguant à lège, avant que les pierres puis les gueuses de métal ne le remplacent. Depuis lors, le terme de lesteur ( "saurraïre" en provençal) a désigné les voiliers, le plus souvent gréés à voile latine, et les hommes assurant l'extraction et le transport du sable, mais aussi des autres pondéreux en vrac comme le sel. Très actif au siècle dernier, à l'époque des grands travaux d'urbanisation, ce métier s'est éteint dans les années 1950, comme en témoigne Dominique Davin, le dernier saurraïre dont les souvenirs ont permis de reconstituer, avec une grande précision, le mode de vie et les techniques singulières ces marins sapeurs de plages, derniers utilisateurs e la tartane provençale traditionnelle.

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