L’Occasion de Louis-Joseph Morand, ex-Trovoada, « orage » en portugais

© Les Amis du Musée de la mer, Paimpol

[COURRIER] suite à l’article sur Louis-Joseph Morand dans Le Chasse-Marée n° 315

 

L’article très intéressant de Mr Louis Baumard sur Louis-Joseph Morand (CM 315), armateur de Paimpol, initiateur de la pêche à Islande dans ce port du Goëlo, est très révélateur de la mentalité de ces hommes d’affaires cherchant à diversifier leurs activités.

Louis Morand ne fit en effet sûrement pas une mauvaise affaire en achetant le brick-goélette brésilien Trovoada saisi par la Marine française par suspicion de traite négrière. Ce petit bâtiment de 72 tonneaux rebaptisé L’Occasion ne devait pas être le bateau le plus idéal pour les campagnes à Islande avec ses lignes fines et le gréement si développé des négriers de cette époque tardive.

J’ai lu dans l’abondante littérature consacrée à la pêche à Islande que L’Occasion avait la coque peinte en rouge, je ne sais plus dans quel ouvrage. En tout cas, voici un passage de L’hydrographie du Père Fournier (1643), relatif à Trovoada, mot qui désigne par les marins portugais un orage subi, accompagné d’un fort vent qui assaille par beau temps dans le golfe de Guinée les navires, les laissant teints en rouge : « Voici d’autres accidents pleins d’horreur et qui ont coûté la vie à plusieurs Mariniers avant qu’on les reconnus (…) L’an 1627, un autre vaisseau hollandais nommé Gueldre allant au château de Nassau en Guinée fut accueilli d’une pareille tempête qui eut cela de particulier que ce tourbillon pluvieux teignit les voiles, cordages et tout le vaisseau rouge et les rendait en moins de rien tous sanglants.

Les Portugais nomment ces tourbillons Travadas. Et l’expérience a fait connaître qu’ils n’arrivent guère qu’au mois de mars, avril et mai, et ne dure au plus qu’une heure et demie. À cela le meilleur remède est d’être toujours sur ses gardes dans les plus grandes bonasses, abattre les voiles le plus promptement qu’on pourra et avoir tous les canons bien amarrés sur les bords, ou pour être plus assurés démontés et mis à fond de cale, ou au moins bien liés sur le milieu et au droit de la quille du vaisseau. » (Hydrographie du Père Fournier, Des tempêtes et tourbillons qui s’élèvent en diverses mers).

© Les Amis du Musée de la mer, Paimpol

 

 

 

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