Lo Mayoun, de pinasse en pinassote

michel laboille-moresmau

La côte gasconne, avec ses rares abris et ses interminables plages où déferle la houle du golfe du même nom (ou golfe de Biscaye pour les non-francophones) fut longtemps le domaine réservé des pinasses de côte, embarcations de construction légère, portables à l’épaule, aux qualités nautiques étonnantes.

Anne-Marie, la pinasse de Lit-et-Mixe (40), était la dernière pinasse de côte en activité de pêche. Depuis, plusieurs initiatives ont permis de se réapproprier ce patrimoine maritime particulier : la restauration et la reprise sous forme associative de Estelle de la Ma, construite en 1955 à Gujan-Mestras, puis à Vieux-Boucau avec la construction sur place de La Sauvagine, mise à l’eau en 2013, enfin à Capbreton avec la construction, sur place également, de La Capbretonnaise, lancée en 2017 (CM 285).

Soucieuse de conforter cette dynamique, l’association La Pinasse Boucalaise a lancé un nouveau projet en 2019 : la construction d’une pinassotte (petite pinasse) de 6 mètres en bois moderne, une embarcation légère, menée par un équipage réduit, facile à transporter et à mettre à l’eau. La conception, ainsi que l’encadrement de l’équipe d’amateurs qui a construit le bateau, ont été confiés à Philippe Saint-Arroman qui avait précédemment dessiné et dirigé la construction des pinasses de Vieux-Boucau et Capbreton.

Longue de 6 mètres pour un bau de 2 mètres (1,40 mètre à la flottaison), avec un poids lège de 250 kilogrammes, la pinassotte arme deux paires d’avirons en couple ainsi qu’une grande gouverne. Si l’aviron reste le mode de propulsion privilégié, un puits a été néanmoins aménagé en avant du pilote afin d’y accueillir un moteur hors-bord relevable. Enfin, en prévision d’un futur gréement, un puits de dérive a été prévu dès le stade de la conception.

Démarré fin 2020, le chantier s’est achevé au début de l’été. Une première mise à l’eau le 3 août, par mer belle, a permis aux adhérents d’apprécier les qualités nautiques du bateau et sa conformité au cahier des charges. Gageons que Lo Mayoun (« la mouette » en gascon maritime, mais également le surnom des habitants de Vieux-Boucau) fera des envieux et que pinasses et pinassottes continueront à se reproduire !  Philippe Saint-Arroman

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Les pinasses de côte en Gascogne, Chasse-Marée numéro 285, publié en avril 2017

par Philippe Urvois – Les pinasses de côte, qui pêchaient à la senne à l’aviron, ont bien failli disparaître. Il n’en restait plus qu’une en activité en 1990. Mais leur mémoire étant très ancrée dans la culture gasconne, cette tradition connaît aujourd’hui un renouveau grâce à quelques associations qui préservent ou reconstruisent ces bateaux.

 

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