L’Ifremer et l’extraction de granulats marins

© IFREMER

En 2019, 5 à 7 millions de tonnes de granulats marins ont été extraites des dix-huit sites en cours d’exploitation sur les façades maritimes françaises. Ces granulats marins, composés de sable et de gravier, servent à de multiples usages, mais sont surtout utilisés dans le bâtiment et les travaux publics, puis dans l’aménagement des littoraux et l’agriculture.

Régulièrement, de nouveaux projets de ce type soulèvent des oppositions de la part des écologistes et des riverains. Le collectif Peuples des dunes s’était ainsi opposé aux extractions envisagées à Erdeven, dans le Morbihan, ou près de Lannion, dans les Côtes-d’Armor. Car en prélevant le granulat dans les petits fonds, à moins de 200 mètres de profondeur, les engins perturbent fortement le milieu : les habitats naturels des poissons et autres crustacés sont directement touchés, et la morphologie des fonds elle-même peut être modifiée, tout comme la dynamique de la houle et des courants. Les mouvements de sédiments qui découlent de ces interventions peuvent également accroître l’érosion des plages, un phénomène qui n’a cependant pas été constaté en France.

Si les conséquences sur le milieu sont connues, en revanche, les scientifiques ont encore peu étudié la régénération de l’environnement suite à l’arrêt de l’exploitation. Peut-il se renouveler et retrouver son état d’origine ? C’est la question à laquelle les chercheurs de l’Ifremer vont tenter de répondre à travers le projet Résiste qui étudiera une ancienne zone d’extraction, exploitée pendant trente ans, au large de l’estuaire de la Loire. Biologistes, géologues et physiciens vont suivre l’évolution du milieu sur une décennie complète. Il s’agira aussi, selon Laure Simplet, géologue de l’Ifremer et spécialiste des granulats marins, « de définir les meilleurs indicateurs pour mesurer les effets de l’activité d’extraction, d’établir des seuils de perturbation à ne pas dépasser pour permettre la régénération du milieu, ou encore d’orienter les mesures de gestion pour réduire les impacts. »

Lire aussi

Ifremer du Labo, Océan, article publié dans le Chasse-Marée n°325 en février 2022.

À L’institut français de la recherche pour l’exploitation de la mer, alias Ifremer, on étudie l’océan sous tous ses aspects et à toutes les échelles, du micro-organisme aux grands courants régissant le climat mondial, en passant par l’étude des poissons et des formations géologiques sous-marines. Ces recherches permettent d’éclairer les politiques publiques, mais À l’heure où l’on débat de l’exploitation des océans, écouter les scientifiques est aussi une leçon de modestie, une invitation à réfléchir en prenant du recul sur les avis par trop tranchés…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Les derniers articles

Chasse-Marée