Au tournant du XXe siècle, le port du Croisic arme, parallèlement à sa flottille sardinière, une soixantaine de très courts sloups sans trinquette, à extrémités verticales, rappelant un peu les plus petits Sauzonnais. Ces bateaux de 5,30 m pêchent le merlan et le maquereau à la ligne, en alternance avec les casiers à crevette et à homard. Vers 1910, ils commencent à être remplacés par des sloups demi-pontés de 6,50 m à 7,50 m, classiquement gréés d’une grand voile à corne, d’un flèche, d’une trinquette et d’un foc. La quête d’étambot a augmenté, le brion est plus doux et l’étrave légèrement élancée.

Dessin sloup maquereautier du Croisic

Sloup maquereautier du Croisic. © J. P. Guillou

Ces bateaux sont construits chez Bihoré, bientôt associé à Leray, qui s’installe après 1920 dans le petit port de Lérat, entre La Turballe et Piriac. Il y lancera une cinquantaine de ces sloups, qui ont la réputation de “marcher comme des petits yachts”. Les deux pêches principales sont toujours les casiers et le maquereau (avec quatre lignes, dont deux sur tangons). Les plus fortes unités font parfois le chalut à perche (poisson plat et boucaut) et le filet à hareng à Piriac.

Photo sloups maquereautiers au Croisic

Sloups maquereautiers rentrant en Croisic. © coll. Chasse-Marée

Les coques, élégantes, sont bordées en sapin sur des charpentes en chêne chantourné, les membrures bouillies apparaissant sur le tard. Les voiles sont tannées en rouge, jaune ou bleu ; la coque est coaltarée avec un liston clair et parfois une fine moustache blanche.