Goélette aviso

Longueur hors tout : 41,20 m

Longueur de coque : 25 m

Largeur : 6,40 m

Voilure : 440 m2

Jauge : 80 tx

Ces goélettes aviso de la Royale étaient armées au xixe siècle pour des missions qui exigeaient rapidité et manœuvrabilité. Elles portaient en effet les ordres entre vaisseaux ou espionnaient les mouvements ennemis – on disait « faire la mouche ».

Brest se choisit un bateau

Nombre de ces goélettes étaient aussi affectées à la surveillance dans les colonies. Armées par des équipages de cinquante à soixante hommes, elles devaient pouvoir rallier les possessions françaises en Afrique, aux Antilles ou en Océanie, ce qui suppose une bonne tenue à la mer.

Fin 1989, alors que les esprits se mobilisent un peu partout en France autour du concours Bateaux des côtes de France, quelques passionnés rêvent de reconstruire une unité de la Royale en hommage au port de guerre que fut Brest. Jean Dréo, un habitué des archives, découvre au Service historique de la Marine une piste sérieuse dans le récit d’un second-maître qui évoque la goélette Fine. Celle-ci fait partie d’une série de cinq goélettes construites sur les dessins de l’ingénieur Hubert, dressés en février 1817 à Rochefort.

Construire une goélette aviso

L’image du futur bateau brestois commence à se préciser. Le nom retenu sera celui de Recouvrance – le vieux quartier des marins – et le chantier élu, le Guip, avec ses deux bases de l’île-aux-Moines et de Brest. Le 11 juillet 1991, la quille de la Recouvrance, longue de 22 m, est mise en place devant le public. Le 15 octobre, l’ensemble de la charpente axiale est levé. Deux équipes de charpentiers se relaient un jour sur deux, ce qui permet de travailler sept jours sur sept, avec des journées de 10 heures.

Une fois le squelette de la charpente achevé et les couples bien balancés, reste encore à « parer » les membrures de façon à faire filer parfaitement les lignes en éliminant les petites irrégularités de découpe. Ce travail d’équipe a duré plusieurs mois. Le mode de bordage de la coque montée à claire-voie suivant une répartition préalable des bordés, qui font l’objet d’un brochetage rigoureux, notamment pour ce qui concerne les clores, a permis une finition remaquable. La Recouvrance devrait connaître une grande longévité !

Pour Brest 92, la coque de la Recouvrance est mise à l’eau par la grue de l’arsenal. Puis les travaux reprennent. Début 1993, la voilerie Cudennec, assistée des gréeurs de Yacht-Rigging, confectionnent la garde-robe et le gréement. Les premiers essais en mer se déroulent le jeudi 20 mai suivant. Après quelques réglages, l’équipage se dit ravi. L’aménagement intérieur commence à l’automne 1993 et va durer six mois.

La Recouvrance aujourd’hui

Aujourd’hui, la Recouvrance, propriété de la ville de Brest, est sa plus prestigieuse ambassadrice. Gérée par la Société d’économie mixte Brest’aim, elle participe aux grands événements nautiques et aux fêtes du patrimoine maritime. Depuis son lancement, avec ses cinq hommes d’équipage, la goélette à hunier a fait naviguer des milliers de personnes sur des milliers de milles. Et ce n’est pas fini…

Goélette la Recouvrance

Quai Éric Tabarly

BP 91039

29210 Brest cedex 1

Tél : 02 98 33 95 40

www.larecouvrance.com/le-bateau/

Voir les Chasse-Marée n° 74 « Les premiers bord de la Recouvrance », n° 82 « La Recouvrance, une goélette pour Brest », n° 64 « Des sapins béarnais pour les mâts de la Recouvrance », n° 118 « Les emménagements de la Recouvrance », n° 222 « La Recouvrance en Irlande ».

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