Le pertuis d’Antioche et le pertuis Breton forment deux plans d’eau abrités du large par les îles de Ré et d’Oléron. La mer peu profonde, les côtes basses, de larges estrans vaseux ou sableux, constituent une zone de frayères idéale pour le poisson. Les estuaires de la Sèvre niortaise, de la Charente, de la Seudre et de la Gironde apportent l’eau douce propice au développement des coquillages.

Dessin Coureauleur des pertuis et lasse

Coureauleur des pertuis et lasse. © J. P. Guillou

Au début du siècle, la pêche et l’ostréiculture y prospèrent. Toute une population maritime s’y consacre à bord des sloups, couralins, yoles, lasses et autres bateaux plats à dérive. Pour évoluer et échouer facilement, ces bateaux ont peu de tirant d’eau et les marins accèdent aisément à leurs parcs à huîtres ou à leurs bouchots à moules. La petite pêche au chalut ou aux arts dormants (filets, casiers, lignes) fait vivre une multitude de Charentais qui pratiquent souvent plusieurs métiers.

Les ostréiculteurs travaillent avec plusieurs bateaux, le principal étant le sloup. Long de 7 à 10 mètres, il a peu de tirant d’eau pour naviguer partout et un faible franc-bord, ce qui facilite le relevage du chalut ou le chargement des huîtres. Sa stabilité est assurée par sa largeur au maître-bau et son bouchain prononcé. Son étrave est droite ou parfois à guibre, l’arrière à tableau, à cul-de-poule ou demi cul-de-poule. Les sloups sont en général pontés avec une ouverture pour la cale, un trou d’homme devant la barre et, parfois, un petit rouf. La voilure est importante : une grand voile, qui dépasse largement du couronnement, un flèche, un foc sur un bout-dehors et une trinquette.

Pêcheurs à pieds devant bateau échoué

Coureauleur échoué devant Bourcefranc. © coll. Chasse-Marée

Les mytiliculteurs naviguent sur des bateaux plats à dérive, creux, simplement pontés à l’avant et à l’arrière et dotés d’étroits passavants. Ils gréent une voile au tiers et, pour les plus grands, un foc sur bout-dehors et un tapecul au tiers.

Ces bateaux plats mesurent 6 mètres dans les années 20. Leur largeur leur donne une stabilité et capacité de charge satisfaisante. L’étrave est inclinée mais rectiligne, le fond plat relevé à l’avant et à l’arrière pour mieux passer dans la mer.