Barquette de compétition – Gréement houari

 

Longueur au pont : 5,20 m

Longueur à la flottaison : 5,90m

Largeur : 1,60 m

Grand-voile : 15,84 m2

Foc n°1 : 9,0 m2

Foc n°2 : 3,85 m2

 

Un bateau creux conçu pour la régate qui rend hommage à son port natal de La Ciotat.

La Ciotat à la Belle Époque

La côte provençale est une véritable dentelle de calanques et de golfes qui ont procuré abris et refuges aux hommes depuis des siècles. La Ciotat a su profiter de sa situation pour développer des activités liées à la mer : pêche, commerce et construction navale. L’activité des chantiers draine une main-d’œuvre considérable, qui atteint trois mille ouvriers en 1896. La Ciotat connaît une grande époque de prospérité en cette deuxième moitié du xixe siècle. La Société des bains de mer est créée et, bien sûr, on navigue. C’est dans cette ambiance Belle Époque qu’est née la plaisance ciotadenne. Or de la plaisance à la régate il n’y a qu’un pas et, en 1889, le premier Ciotaden participe à une course que la revue Le Yacht ne saurait passer sous silence.

Un charpentier retraité se remet au travail

À l’annonce du concours Bateaux des côtes de France, l’association Carènes-Musée du Bateau de La Ciotat décide de hisser haut les couleurs de la Méditerranée et choisit de faire revivre le Ciotaden. La recherche débute par l’étude de sources iconographiques au musée du Vieux La Ciotat où l’on trouve des documents d’un intérêt inégal. Idem pour les recherches aux archives départementales ou au Service historique de la marine de Toulon. C’est en définitive dans Le Yacht que les informations les plus précieuses sont recueillies. On découvre aussi une maquette du Tamaris construit en 1901.

Plusieurs avant projets sont établis à partir des plans publiés dans l’ouvrage Construction et manœuvre des bateaux et embarcations à voilure latine écrit par Jules Vences au xixe siècle. On décide alors de reprendre les formes en augmentant cependant légèrement la largeur pour donner davantage de stabilité au bateau. En même temps, on recherche un charpentier : M. Battifero, à Cassis, qui venait de prendre sa retraite, accepte de mener ce « projet original ».

Le plan, grandeur nature est tracé sur du contre-plaqué. Dès le premier jour de la construction, la jolie courbe en S dessinée par le capian et le brion donne à la charpente du Ciotaden sa forme bien spécifique. Elle s’apparente à celle des barquettes les plus classiques, mais l’absence de bois courbe pour les membrures oblige à croiser généreusement les varangues et les allonges. M. Battifero découpe ensuite toutes les virures du bordé de la coque dans une bille de bossé, bois exotique de très belle qualité voisin de l’acajou. Le calafatage en étoupe à la liaison galbord-quille et en cordon de coton pour le reste est réalisé avec une grande maîtrise.

Le bateau est lancé en mai 1992. Son gréement houari étonne et enchante les nombreux Ciotadens qui ont fait le déplacement. Après quelques essais, le bateau prend le chemin de Brest et remporte le troisième prix du concours dans sa catégorie (bateaux creux de moins de 6 mètres).

Malheureusement, le 15 septembre 2002, alors qu’il revient de Marseille, le Ciotaden, suite à un empannage, coule par 65 mètres de fond à environ un demi-mille au large de l’île Verte. Il ne sera renfloué que deux ans plus tard… La rénovation importante est confiée aux Charpentiers réunis Méditerranée.

Depuis, le Ciotaden est un bateau heureux dans les mains de l’association Carènes qui continue de naviguer et de participer aux fêtes et rassemblements maritimes.

 

Carènes, Station Nautique-Port de Plaisance, 13600 La Ciotat

carenes@me.com

http://www.carenes-association.org

https://www.facebook.com/carenes.leciotaden

Extrait du Chasse-Marée n° 72 « Le Ciotaden, barquette de régate », n° 182 « L’épave du Ciotaden, barquette de régate renflouée ». Dans le n° 158 un courrier du président de l’association Carène nous raconte “Le naufrage du Ciotaden”.