La chaloupe de la baie de Bourgneuf, typée et construite uniquement à Pornic et Noirmoutier, représente un ensemble homogène, en rupture très nette avec les chaloupes creuses plus légères construites au Croisic et sur les bords de Loire. Elle est toujours pontée et à cul rond, n’a jamais de pavois plein, mais des jambettes surmontées d’une lisse toujours interrompue sur l’avant et sur l’arrière, laissant un à deux bittons “non coiffés”. Longue de 9 mètres (13 mètres avec le bout-dehors), d’une largeur au maître-bau légèrement supérieure à 3 mètres, son tonnage moyen, 6 tonneaux, est, de loin, le plus faible de toutes les chaloupes pontées de ce type ; à Groix, aux Sables-d’Olonne, à La Rochelle, il dépasse souvent 20 tonneaux.

Dessin chaloupe de la baie de Bourgneuf

Chaloupe de la baie de Bourgneuf. © J. P. Guillou

Elle se singularise aussi par son étambot, toujours de faible inclinaison. Le mât de misaine n’a jamais une quête arrière supérieure à celle du mât de taillevent, qui est toujours le plus incliné des deux. Les chaloupes de la baie sont gréées d’un foc, d’une misaine, et d’un taillevent surmonté d’un hunier. La vergue de taillevent est toujours à tribord de son mât et la vergue de misaine à bâbord. Les noirmoutrines, à la différence des pornicaises, peuvent porter deux huniers.

Le plan de pont est resté immuable : le mât de misaine, un petit panneau de cale, le grand mât toujours exactement au centre de la chaloupe, un panneau de chambre faisant rouf, et le trou d’homme ou coqueron arrière. Les mâts à pible sont tenus par deux haubans (un seul sur les plus récentes), fixés sans ridoirs à leurs cadènes par une courte chaîne. Il n’existe pas d’étai. Les coques sont, en général, coaltarées (Bouin, Beauvoir), avec des voiles ocres. A Pornic, les coques ont une moustache blanche et une préceinte blanche ; les noirmoutrines sont blanches.

Chaloupe au mouillage Bretagne

Une chaloupe au mouillage sous taillevent et hunier. © coll. Chasse-Marée

Dans la majorité des cas, les chaloupes sont utilisées seulement à la pêche, généralement au chalut à perche pour lequel elles ont toute la puissance nécessaire. Seules les plus fortes sont armées au bornage. La dernière chaloupe de la Baie a été construite en 1908 à Pornic mais certaines unités ont navigué jusqu’en 1950.

D’un type différent, les chaloupes paimblotines, gréées de deux huniers et d’un taillevent bômé, possédaient une petite voûte arrière très élégante et draguaient la chevrette et le poisson plat à l’ouvert de la Loire. Plusieurs se sont distinguées en régate et quelques-unes sont passées en plaisance.