Voiliers-écoles de l’École navale

Goélettes à hunier

Longueur hors tout : 32,50 m

Largeur : 7,20 m

Tirant d’eau : 3,65 m

Voilure : 450 m2

 

Au début de l’année 1930, la Direction centrale des constructions navales est chargée par le ministère de la Marine de rechercher dans les principaux ports de France deux voiliers de taille moyenne destinés à servir d’annexes à l’École navale.

Les recherches n’ayant pas été fructueuses, la Marine décide de faire construire deux unités neuves au chantier naval de Normandie à Fécamp.

Ces goélettes de type paimpolais résultent d’un compromis entre l’architecture des dundées islandais gravelinois et celle des goélettes de Bretagne Nord ; leurs formes sont aussi influencées par la tradition de la construction fécampoise, alliée à une recherche d’esthétique et de marche inspirée de la plaisance.

La Belle Poule est mise sur cale en octobre 1931. Sa puissante charpente avec ses membrures en chêne doublées jusqu’au niveau du pont est constituée de trois éléments aboutés, la maille étant de 20 cm. La carène en V montre un bouchain assez doux. Les emménagements sont prévus pour recevoir 12 hommes d’équipage dans le poste avant et 30 élèves dans la partie centrale. Ils seront finis à flot après sa mise à l’eau le 8 février 1932 et l’on procédera également à la mise en place du moteur. La coque devra être lestée, puis le bateau mâté et gréé avant d’accomplir ses premiers essais en mer avec une surface de voilure de 450 m2. Le 7 juillet 1932, c’est au tour de l’Étoile d’être lancée.

Voiliers-écoles de la Marine

Les premières sorties en rade de Brest vont alors commencer avec les élèves de l’École navale. Les croisières d’été mènent chaque année les goélettes sur les côtes de France et d’Europe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elles rejoignent les Forces navales françaises libres et servent d’annexes à l’École navale installée à Portsmouth à bord du navire océanographe Président Théodore Tissier. À ce titre, elles arborent toujours le pavillon à la Croix de Lorraine au beaupré.

Basées à Brest, les goélettes naviguent près de deux cents jours par an et participent à de nombreux rassemblements maritimes. Dédiées à la formation et à l’entraînement des officiers et des élèves des différentes écoles d’équipage de la Marine, elles utilisent le moins possible le moteur et sont familières des belles manœuvres à la voile.

Différents éléments permettent de distinguer les deux « sœurs en construction », le plus facile à repérer étant la position du radar (sur le chouque pour l’Étoile, sur un mâtereau pour la Belle Poule) et la teinte des espars, les mâts pleins de la Belle Poule étant plus foncés que ceux de l’Étoile, réalisés en lamellé-collé.

L’âge et le rythme de navigation des deux bateaux exigent un entretien régulier, réalisé en partie par l’équipage, sauf quand il s’agit de travaux importants. Ainsi, pendant quatre mois, à l’hiver 2017, le chantier du Guip a refait l’étambot de la Belle Poule à Brest…

Marine nationale

Ministère des armées

http://www.defense.gouv.fr/marine/equipements/batiments-de-soutien/batiments-specialises/ecoles/etoile-a-649-belle-poule-a-650

Voir le Chasse-Marée n° 92 « L’Étoile et la Belle Poule » et n° 287 « L’Everest du charpentier, un étambot pour la Belle Poule ».