Longueur à la flottaison : 48 m

Largeur hors membrures : 8,50 m

Creux sue quille : 4,90 m

Tirant d’eau moyen en charge : 4,30 m

Port en lourd : 700 t (environ)

 

Dans la seconde moitié du XIXè siècle, certains voiliers nantais exploités sur les lignes d’Amérique du Sud, vers la Guyane et le fleuve Parà, au Brésil, escalent régulièrement aux Antilles. Parmi ceux-ci, les maisons Demange Frères, Fleuriot Frères, et Denis Crouan Fils sont les plus importantes. C’est pour remplacer le Parà, un trois-mâts barque en bois construit en 1888 et vendu sept ans plus tard à un armement fécampois à la grande pêche qu’en 1895, Fernand Crouan passe commande à Alphonse Dubigeon d’un nouveau trois-mâts en acier. Ce bateau s’appellera Belem.

La conception du Belem tiendra compte des expériences précédentes – heureuses ou non – du chantier naval Dubigeon basé à Chantenay-sur-Loire, un faubourg de Nantes. Le 10 juin 1896, le Belem est officiellement remis à son armateur Il sera mâté le 20 juillet et appareillera de Saint Saint-Nazaire onze jours plus tard pour sa première traversée de l’Atlantique.

Son premier voyage laissera des traces. Déjà par son capitaine Lemerle dit le « Merle Noir » qui ne supporte aucune contrariété et ne semble jamais satisfait, puis par son incapacité à livrer sa cargaison de mules : la moitié meurt lors d’une tempête, l’autre dans un incendie qui se propage dans la cale. Le Belem revient à Saint-Nazaire six mois après l’avoir quitté avec les cales vides Ce voyage malheureux est aussi le der nier du capitaine Lemerle qui, ayant réuni assez d’années de navigation, met définitivement sac à terre.

Quelques jours après , le navire retrouve son chantier de construction pour y être remis en état. Les habillages des cales sont ravagés ainsi qu’une bonne partie des emménagement intérieurs. Le pont est à refaire entièrement. Il fait également remplacer plusieurs parties de la mâture. Il reprend la mer le 10 mars 1897 soit six semaines après son entrée au chantier, sous le commandement de François Rioual alors âgé de 23 ans, il ne fera qu’un voyage. Puis c’est le capitaine Dolu qui prendra le commandement pour trois campagnes ordinaires jusqu’en mai 1899.

C’est alors Julien Chauvelon âgé de 24 ans qui embarque pour son premier commandement en juin de la même année. Quatrième commandant du Belem, il en sera aussi le dernier. La mise en liquidation judiciaire de la maison Demange entraîne la vente du Belem, acquis en février 1909 par l’armement nantais Fleuriot & Cie qui possède lui aussi une ligne entre Nantes et la Guyane. Le Belem va effectuer 9 campagnes sous ce nouveau pavillon. En juillet 1913 le Belem échappe de peu à un abordage dans une brume épaisse. Cette même année, le navire réalise son 32ème voyage qui sera aussi son dernier au commerce. Un nouveau destin attend le plus beau des Antillais nantais sur le point d’être vendu au duc de Westminister.

Le Belem quitte Nantes le 17 février 1914 pour Southampton. Admis au chantier Harland & Wolf (CM 284), il subit d’importantes transformations en vue de son nouvel armement à la plaisance. Il conserve l’intégralité de son gréement, mais reçoit deux hélices actionnées par une paire de moteurs Bolinder de 250 chevaux. La dunette est affublée d’une balustrade en teck assez lourde d’aspect. Quant aux emménagement intérieurs, ils sont tout simplement somptueux.

Huit ans plus tard le duc de Westminister cède son yacht au richissime brasseur irlandais Guiness. Le Belem pre,d alors le nom de Fantôme II. Il fera le tour du monde, et de nombreuses croisières, jusqu’à la mort de son propriétaire en 1939. Le navire est alors désarmé à l’île de Wight, puis tombe dans l’oubli.

Racheté en 1952 par un italien il est réaménagé pour recevoir des jeunes orphelins de la Fondation Cini se propose de former au métier de mari. Regréé en trois-mâts goélette, le navire-école naviguer épisodiquement jusqu’en 1965. Alors jugé trop vétuste, il reste amarré dans le petit port de l’île San Giorgio, à Venise.

En avril 1970, un Français passionné de grand voiliers, le docteur Gosse, le redécouvre et crée un mouvement d’intérêt qui portera ses fruits six ans plus tard, quand le voilier sera à nouveau mis en vente.

C’est ainsi que le 27 janvier 1979, avec l’appui des pouvoirs publics, les Caisses d’Épargne et la Marine nationale, le Belem retrouve son pavillon d’origine.

La Fondation Belem est créée l’année suivante avec pour objectif de recueillir les fonds nécessaires à sa restauration. Mouillé sur la Seine, le bateau va accueillir plus de 500 000 visiteurs en trois ans .

En 1986, le dernier trois-mâts français est remis à neuf et peut entreprendre une nouvelle traversée transatlantique.

Aujourd’hui le Belem permet chaque année à environ deux mille stagiaires d’embarquer à son bord et de prendre la mesure de la man?uvre d’un grand voilier.

Extrait Chasse-Maré n° 100, «  le Belem aujourd’hui : en stage à bord de « l’Antillais » » et «  Le Belem hier : Histoire d’un trois-mâts barque nantais ».

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