Un sloup et un 8,50 sn aux Ateliers de l’Enfer

Ateliers de l'Enfer
© Mélanie Joubert

Sous le ciel plombé de ce 2 juillet à Douarnenez, les bouquets de fleurs accrochés aux bouts-dehors des deux nouvelles unités tout juste sorties des Ateliers de l’Enfer détonnent, le long de la cale Raie où se pressent amis, charpentiers et passants curieux.

L’un est une réplique de Fleur d’Ajonc, 8,50 mètres Série nationale dessiné par Louis Dyèvre en 1910 dans le cadre du concours du Yacht (cm 263), suite à la création par le Yacht-club de France de cette série à restrictions. La structure de ce voilier, baptisé Pibe de Oro, long de 8,50 mètres et large de 2,20 mètres (avec un tirant d’eau de 1,24 mètre) est constituée d’une membrure ployée en acacia posée sur la quille en lamellé-collé. Le bordé est en sapelli, le pont en contreplaqué et contrelatté de pin d’Oregon, avec un rouf en petites lattes. La grand-voile à corne très apiquée de 29,70 mètres carrés, et le foc de 9,80 mètres carrés, gréés sur des espars en pin d’Oregon, ont été cousus par les apprentis de la formation de voilerie des Ateliers. Les deux bannettes, unique emménagement de ce voilier de régate et de petite croisière, ont été garnies de banquettes réalisées par les apprentis selliers des Ateliers de l’Enfer.

Plus imposant, mesurant 8,01 mètres pour 3,30 mètres de large, le second bateau est une réplique du Père Daniel, sloup construit en 1954 par les chantiers de Robert Bureau au Croisic, pour le patron pêcheur Daniel Le Goff. Après avoir servi à la pêche au maquereau, le sloup navigue ensuite à la plaisance avec le même propriétaire jusqu’en 1993. Aux mains d’un nouvel acquéreur, il est alors transformé en vedette à moteur et doté d’un rouf. En 2009, l’association des Vieilles voiles de Rhuys récupère le bateau et entreprend de lui rendre son aspect de neuvage. En 2020, le sloup montrant des signes de fatigue, l’association se rapproche des Ateliers pour des travaux.

La bôme, la vergue, et le moteur, sont les derniers vestiges de l’ancien Père Daniel. Sous la houlette du formateur Thomas Robin, qui a redessiné les lignes du sloup, les apprentis ont œuvré à la construction du nouveau Père Daniel en chêne sur membrures sciées. Ils ont été aidés pour les finitions par les adhérents des Vieilles voiles de Rhuys. Seules entorses au plan d’origine : un flèche façonné par les voiliers des Ateliers, et un lest de plomb de 1,3 tonne qui compense la suppression du vivier. Le Père Daniel a retrouvé son port d’attache historique, le port de Saint-Jacques, à Sarzeau. 

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