Un nouvel envol pour Oiseau bleu

En 1938, à Burnham-on-Crouch (Grande-Bretagne), les chantiers W. Kink & Sons lancent un sloup conçu par l’architecte naval Norman E. Dallimore pour Marc Sourdillon, un industriel français. Le bateau est baptisé Oiseau bleu, comme l’avion de son propriétaire, capitaine et chef d’une escadrille de reconnaissance durant la Grande Guerre – un aéronef avec lequel il n’avait jamais connu de problème majeur.

Oiseau bleu gagne la France aussitôt après son lancement. Le Yacht du 1er juillet 1939 lui consacre un article, précisant ses caractéristiques : 9 tx, 11,30 m de long (7,62 m à la flottaison), 2,70 m de large, 1,67 m de tirant d’eau, 63 m2 de surface de voilure, 2,8 t de lest en plomb, moteur auxiliaire Stuart Turner de 8 CV. La coque est en teck sur une membrure en acacia. Le barrotage est en orme et le pont en teck. L’hebdomadaire détaille également ses emménagements : « En partant de l’arrière du cockpit à vidange automatique, on accède à une cabine à un lit à tribord, à la cuisine à bâbord. Vient ensuite la cabine principale à deux lits.
Le lavabo et le w.-c. sont convenablement installés derrière une porte pliante à bâbord du mât tandis qu’à tribord on trouve un placard à deux portes. » La pointe avant comporte un cadre rabattable.

Oiseau bleu est basé à La Trinité-sur-Mer. L’hiver, le plan Dallimore est entretenu par le chantier Costantini. C’est à cette époque que Marc Sourdillon fait diminuer la bôme d’1,50 m et remonter le mât d’autant (il mesure désormais 17 m de long, dont 15 m de guindant) pour diminuer un peu la surface de la grand-voile et augmenter sensiblement celle des focs afin d’améliorer l’équilibre sous voiles et gagner en allongement.

Jean Debray, ami, collaborateur et équipier de Marc Sourdillon, devient propriétaire du bateau en 1969. En 1976, il le vend à Florence et Patrick Hodent, ses actuels propriétaires, des Montpelliérains qui le convoient de La Rochelle à la Méditerranée. Mais, saison après saison, la râblure fait de plus en plus d’eau, et le bateau est finalement tiré à terre. Plus tard, il sera confié au chantier Deloison de Saint-Valéry-sur-Somme. Les emménagements sont déposés pour pouvoir accéder à toute la charpente. Les cadènes sont renvoyées jusqu’à la quille, pour qu’elles ne tirent plus sur la structure transversale.
Le moteur est remplacé, l’électricité refaite, la plomberie aussi, comme le calfatage… « Jean-Michel Deloison est un ami, précise Patrick, Picard d’origine. Son fils, Benoît, qui travaille avec lui, est ébéniste de formation et très talentueux aussi. Depuis deux ans, je travaille sur le bateau à leurs côtés. Le but est une remise en ordre pour les générations à venir. » La mise à l’eau est prévue pour ce printemps.

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