Sparfel, un Cormoran pour la construction amateur

Chantier Grand Largue
© Chantier Grand Largue

Né en 1922 sur la table à dessins de Charles Raillard, à la demande d’Eugène Herr, membre de la florissante Société des régates de Morlaix, qui souhaitait un canot pratique et rapide pour se livrer aux plaisirs de la petite pêche et de la promenade, et éventuellement régater, le Cormoran a traversé les décennies pour nous parvenir, toujours en vogue et désormais très pointu, avec les magnifiques constructions bois du chantier Jézéquel, qui continue à le faire évoluer dans le cadre de sa jauge à restrictions.

Si ce dériveur lesté de 4,50 mètres de long, qui peut porter jusqu’à 22 mètres carrés de surface de voile, avait connu une première évolution majeure au tout début des années 1980, avec la construction de coques en fibre de verre et polyester, une nouvelle étape sera franchie cette année grâce au projet Sparfel, imaginé et mené par quelques « cormorantistes » brestois qui souhaitaient ouvrir la série à la construction amateur, avec l’aide de l’architecte naval François Vivier pour le dossier technique, et les élèves ingénieurs de l’ENSTA Bretagne pour la modélisation des performances. Prévu pour être construit en bois moderne, le nouveau sloup houari devait demeurer élégant, marin et rapide, le cahier des charges insistant aussi sur la facilité d’utilisation (mise à l’eau et mâtage aisés, autovideur au mouillage…).

La construction de Plijadur, le premier Cormoran Sparfel a été confiée au chantier Grand Largue à Saint-Briac. Sa structure est en contreplaqué et le bordé en petites lattes collées puis stratifiées. Il portera le numéro 314 de la série. Ses premiers bords sont prévus à Brest, où il sera basé, dès la fin mai. Début juillet, il participera au National de la série à Douarnenez, armé par un équipage mixte de jeunes compétiteurs de la société des régates locale.

Plijadur terminé, le dossier de construction deviendra disponible auprès de la Classe Cormoran. Il inclura les plans de forme et de charpente, les fichiers de découpe numérique – même s’il reste possible de débiter chaque pièce soi-même, un outillage léger suffisant au chantier –, et une notice de construction étape par étape, en photos. S’il est encore trop tôt pour déterminer le coût d’une unité, on estime déjà celui des matériaux nécessaires à la construction de la coque (y compris le lest et la dérive) à 9 000 euros environ.

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