Sons maritimes et électro

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© Alexandre Gosselet

« J’avais le doux rêve de mettre la tempête en musique », raconte le compositeur Romain De La Haye, également connu sous son nom de scène « Molécule », à propos de son séjour en 2013 à bord du chalutier-usine Joseph Roty II, de la Compagnie des pêches de Saint-Malo, pour une marée de 35 jours en Atlantique. « J’ai installé mon studio dans une des cabines du bateau et des micros dans divers endroits pour capter les sons du navire, l’eau sur la coque, les grincements des chaînes, les machines, et l’activité des marins. Comme ils connaissent le bruit du navire, ils m’ont aussi conseillé des zones du bateau où poser mes capteurs. » À partir de ces sons, il compose sur place, dans son studio embarqué, la totalité de son album 60° 43’ Nord, sorti en 2015.

Deux ans plus tard, il choisit le Groenland comme cadre de son nouvel album, -22,7° (sorti en 2018). Il y découvre le « silence et les sons de la banquise. Ces zones sont désertiques, souvent très silencieuses, et je voulais aller dans les détails, capter le moindre son, être à l’écoute de la nature. » Il se rend au village inuit de Tiniteqilaaq, situé au bord d’un fjord, toujours dans l’idée de capter les sons et de composer sur place. « Au début, les habitants étaient étonnés par mon projet. Ils en sont venus finalement à se rendre compte de l’importance de certains sons pour eux, qui font partie de leur quotidien et ont leur propre signification, le bruit d’un traîneau, d’un fusil, d’un glacier qui vêle ou encore les plaques de la banquise qui explosent. »

Romain a fait de la mer son nouveau domaine d’inspiration : de retour du Grand Nord, il part pour le Portugal, « afin d’enregistrer la vague géante de Nazaré », installant ses micros sur les planches des surfeurs et le jet-ski à bord duquel il embarque. Il se lance ensuite dans un nouveau projet plus ambitieux, avec Vincent Bonnemazou, déjà à ses côtés au Groenland, mêlant son et image : un film autour du quotidien du coureur des mers Thomas Ruyant pendant l’édition 2020-2021 du Vendée Globe. Cette fois, le musicien n’est pas sur place lors de la prise de sons et d’images, « mais j’ai embarqué lors d’une régate officielle, pour vivre un peu l’expérience sur laquelle j’allais réaliser le film. Cela m’a aussi permis de repérer les endroits du voilier LinkedOut où placer mes micros et mes caméras. » Molécule composera, à partir des sons récupérés lors de la course, la bande originale du film.

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