Pour les cent trente ans du Vezon

En 1887, à Chantenay-sur-Loire (désormais un quartier de Nantes), le chantier Blasse construisait Le Vezon pour Rogatien Levesque.

Chantier Le Vezon dériveur houari
Cet hiver, Le Vezon a fait l’objet d’un grand chantier. © Gwendal Jaffry

Ce dériveur houari de 4,70 m de long sur 1,80 m de large représente alors le nec plus ultra en terme de petit yacht de course : outre le fait que sa coque est en fer puddlé de 3 mm d’épaisseur rivetée à chaud à la main et galvanisée, sa surface de voilure est considérable : 30 m2 ! Acquis par le charpentier de marine Baptiste Aubin en 1936 – lequel ponte le bateau et modifie son gréement (20 m2) pour le rendre moins extrême et plus maniable au portant –, le bateau passe ensuite aux mains de Paul, son fils. Il y a deux ans enfin, la famille Aubin l’a légué à la Ville de Nantes, qui en a confié la gestion au Cercle de la belle plaisance nantaise.

Cet hiver, Le Vezon a fait l’objet d’un grand chantier. Francis Baton, charpentier ébéniste aux Sorinières, dans le Sud de Nantes, a démonté l’accastillage, les caisses à air et le pont, en mauvais état, pour que l’entreprise Poirier puisse s’occuper de la coque dont l’intérieur était fortement corrodé, des trous ayant également été décelés à la flottaison. Une fois mis à nu, le bordé a été réparé puis choupé avant la mise en peinture. Désormais, fini le gris et le bleu, Le Vezon sera rouge sous l’eau et noir au-dessus, comme en 1887.

Francis Baton a ensuite pris en charge toutes les parties bois, et notamment le barrotage, les hiloires et le pont qui a été recouvert d’un Tafta enduit de résine, une solution plus résistante qu’un entoilage traditionnel. Les espars et les planchers ont quant à eux été confiés au chantier Marlo installé à Saint-Jean-de-Boiseau, sur les bords de la Loire estuarienne. À l’Abordage a fourni un accastillage complet en bronze et laiton poli ; l’association La Cale 2 l’île a refait les vernis ; Thomas Geoffrion de l’Atelier de l’hirondelle s’est chargé du gréement en utilisant des matériaux conformes à ceux du XIXe siècle. La voilerie Burgaud de Noirmoutier s’est enfin chargée de confectionner une nouvelle garde-robe tandis que les étudiants de l’École nationale d’architecture de Nantes se sont vu confier la mission de relever les formes du bateau pour en dresser un plan complet.

Le Vezon, le plus ancien bateau français naviguant à ce jour, sera à nouveau opérationnel à la fin du printemps, arborant les couleurs du Sport nautique de l’Ouest, le club de son neuvage. C’est également là que l’on fêtera ses cent trente ans le 2 septembre prochain, en plein Rendez-vous de l’Erdre.

Crédit iconographique : Gwendal Jaffry

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