Poissons lunaires

Les œufs du bar (Dicentrarchus labrax),
Les œufs du bar (Dicentrarchus labrax), ont prouvé leur résistance aux contraintes du voyage vers la Lune, où l’IFREMER projette d’expérimenter son élevage. © FLPA/D P Wilson/Agefotostock

Pour nourrir les futurs résidents de la station lunaire de l’Agence spatiale européenne, des scientifiques ont proposé de créer une ferme piscicole, en envoyant des embryons sur la Lune.

Avant 2030, l’Agence spatiale européenne (ESA) espère être en mesure d’installer une base sur la Lune pour des missions scientifiques de longue durée. Parmi les conditions pour l’établissement d’un tel « village lunaire », il en est une qui suscite de nombreuses réflexions : comment bien nourrir les futurs habitants, et pas seulement de repas lyophilisés ? Quelque trois cents idées sont déjà à l’étude pour répondre à cette épineuse question, dont un projet de ferme piscicole lunaire élaboré par l’IFREMER de Palavas-les-Flots, dans l’Hérault.

L’institut français a en effet identifié deux espèces, le bar et le maigre, qui pourraient s’adapter facilement aux difficiles conditions de vie sur notre satellite – variations de température, rayonnements cosmiques, faible quantité d’oxygène… Les poissons seraient placés dans un bassin alimenté par de l’eau lunaire, leurs effluents recyclés par des microalgues.

Les chercheurs ont effectué des essais sur les œufs de ces deux espèces pour estimer leur résistance aux secousses inhérentes au décollage d’une fusée. Ils n’ont pas été déçus : 76 pour cent des œufs de bar ont éclos après ces simulations – contre 82 pour cent pour l’échantillon témoin, qui n’a pas subi de secousses. Mieux encore pour les œufs de maigre, puisque ce sont 95 pour cent qui ont pu éclore, contre 92 pour cent de l’échantillon témoin.

Outre l’intérêt alimentaire d’un tel projet, les scientifiques mettent en avant la question du bien-être des futurs villageois de la Lune : « pouvoir cultiver et s’occuper d’animaux leur rappellera la Terre », précise Cyrille Przybyla, et les aider à supporter l’éloignement.

L’IFREMER a de la concurrence : de l’autre côté de l’Atlantique, des scientifiques de la NASA se sont penchés sur les possibilités d’élever moules et crevettes, avec quelques avantages par rapport aux poissons : leur culture prend moins de place et leurs apports nutritifs sont plus élevés.

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