Maud rentre au bercail

© Maud returns home/jfw

Tu as été faite pour la glace ; tu y passeras tes meilleures années et sur la glace tu accompliras ton œuvre. Avec la permission de la reine, je te baptise Maud. » Avec ces mots, Roald Amundsen lançait, le 7 juin 1917, le navire qui devait emmener sa prochaine expédition, à la dérive dans les glaces, jusqu’au pôle Nord. Le trois-mâts de 32,55 mètres de long pour 12,20 mètres de bau, à carène renforcée, aux couples arrondis, s’élance vers le passage du Nord-Est en 1918. Le premier hiver, Amundsen passe à travers la glace, se casse un bras, se fait attaquer par un ours blanc… À bord, l’équipage manque périr, empoisonné par le monoxyde de carbone. Après trois ans de dérive, Maud atteint Nome, en Alaska. Il ne peut en repartir vers le pôle, comme prévu. À court de fonds, en 1925, Amundsen vend Maud à la Compagnie de la baie d’Hudson. Le navire sert d’entrepôt flottant et abrite l’une des premières stations de radio du Grand Nord. En 1930, il coule dans le pack de la baie d’Iqaluktuutiaq, au Nunavut.

Le comté d’Asker, où Maud a été lancée par le chantier de Christian Jensen, à Vollen, rachète l’épave pour 1 dollar symbolique en 1990, dans le but de la ramener au pays natal. Après moult complications techniques, financières et diplomatiques – au Canada, on s’émeut de voir partir ce témoin de l’histoire nationale – l’épave est renflouée en 2016. L’été suivant, elle est remorquée jusqu’au Groenland occidental. Le 7 août dernier, elle atteignait enfin Vollen, où un musée lui sera consacré, à une vingtaine de milles seulement du Musée maritime national, où sont présentés le Gjoa avec lequel Amundsen franchit, le premier, le passage du Nord-Ouest (1903-1906) et le Fram (CM 246), que Nansen lui avait permis d’utiliser pour atteindre le pôle Sud (1910-1912).

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