Lucie aux îles

© Mélanie Joubert

Dans le cadre de leur formation, les charpentiers des Ateliers de l’Enfer, à Douarnenez, avaient construit en 2016, une saintoise en sapelli et chêne de 5,35 mètres baptisée Lucie, dont les stagiaires en section voilerie avaient préparé la garde-robe. Ce type de canot creux, dérivé des voiliers de pêche construits au XVIIe siècle par des charpentiers bretons établis en Guadeloupe, très toilé (30 mètres carrés, tout de même !) et très réactif, est aujourd’hui destiné aux régates, relancées depuis une quinzaine d’années par le Comité guadeloupéen de voile traditionnelle. Lucie, propriété de la Fédération régionale pour la culture et le patrimoine maritimes (frcpm), avait été conçue et gréée suivant le plan de forme de la jauge mais, par son échantillonnage solide, semblait plutôt destinée à des sorties de découverte ou à l’entraînement.

Depuis mars 2018, elle avait été prêtée gracieusement à la Société nautique de la baie de Saint-Malo pour des sorties vespérales et pour entraîner un équipage d’étudiants bretons désireux de participer, en juillet 2018, au Traditour, épreuve réservée aux voiliers traditionnels en Guadeloupe. Lucie avait ensuite participé à un Trophée des saintoises, en octobre 2018, en prologue au départ de la Route du Rhum, à Saint-Malo.

Le 2 novembre, elle est partie du Havre sur un cargo pour la Guadeloupe : la FRCPM en a fait don à l’association Aventure nautique de Sainte-Anne, une base régionale de voile qui met en avant ce type d’unités traditionnelles et le savoir-faire des charpentiers guadeloupéens, qui ont déjà accueilli des stagiaires des Ateliers de l’Enfer. Ainsi, la boucle est bouclée…•

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