Louis Fouchard s’est éteint

© coll. Chasse-Marée

Louis Fouchard a ouvert son chantier naval en 1962 à Couëron (44) avec sa femme Claudette. Il avait appris le métier de menuisier au chantier Vandernotte sur l’île Versailles à Nantes, où il était entré en 1956. Là, il a travaillé sur plusieurs plans Cornu. Formé à la plaisance, Louis, et plus tard son fils Loïc, construiront ensuite toujours sur plans.

À ses débuts, durant ses loisirs, Louis se construit un canot pour son usage personnel, le Cloïc, qui ne tarde pas à attirer l’attention des pêcheurs du coin : ces derniers lui commandent des modèles identiques pour aller travailler dans l’estuaire. « C’est ainsi que ça a commencé. J’en ai construit un premier de 6,50 mètres, puis un autre… et encore deux ou trois sur les mêmes gabarits. » Louis Fouchard s’est également construit en 1978 un quillard de 6,30 mètres, Ar Vag, mais c’est surtout pour la pêche qu’il a travaillé dans son premier chantier, rue de l’Océan à Couëron.

À la fin des années 1970, Louis s’installe dans le marais Audubon, sur l’étier du Dareau, à un kilomètre de la Loire, qui est toujours le siège du chantier, car son fils Loïc, né dans les copeaux, a travaillé avec son père avant de lui succéder en 1999. Ensemble, ils ont continué à lancer des bateaux de travail en bois, mais aussi en 1992 la Reine de Cordemais, une réplique d’un canot basse-indrais du début du XXe siècle (CM 122).

Le Kurun de Jacques-Yves Le Toumelin a été restauré chez Fouchard, tout comme le Lechalas, un vapeur des Ponts et Chaussées de 1913. En cinquante-sept ans d’existence, ce chantier familial a lancé plus d’une centaine d’embarcations, dont de nombreux bateaux de travail, civeliers, fileyeurs et autres coquilliers.

Louis Fouchard, né en 1932 à Saint-Étienne-de-Montluc, s’est éteint en juillet, mais de nombreux bateaux portent sans doute encore son souvenir entre les Sables-d’Olonne et les Côtes-d’Armor…  N. C.

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