Les acteurs du patrimoine maritime se ressourcent en Europe

Du 13 au 18 novembre derniers, grâce au soutien du programme d’échange européen Erasmus +, vingt-cinq acteurs du patrimoine maritime français se sont retrouvés au Pays basque espagnol pour une formation organisée à la Faktoria maritime d’Albaola (CM 286)

Le programme d’échanges européen pour les étudiants est en effet désormais ouvert aux écoliers, lycéens, demandeurs d’emploi et aux adultes. Le champ de
ses formations s’est également élargi « sous réserve de certains critères, comme la transmission du savoir ».

Une opportunité dont s’est saisie l’association Aventure Pluriel, qui a déposé un dossier en 2016 pour organiser une première formation en Italie. Cette association basée à Cagnes-sur-Mer (CM 286) a défendu l’idée d’emmener des marins, charpentiers, gréeurs, organisateurs de fêtes maritimes, découvrir des structures
du patrimoine maritime exemplaires en Europe. Objectif pour les participants : échanger, apprendre et s’inspirer de leur exemple afin d’améliorer leur propre fonctionnement. La formation, baptisée Marina, comprenait visites, conférences et une importante part de travail en groupes.

Les participants sont venus des ports de la Manche, des côtes atlantique ou méditerranéenne françaises, avec des observateurs hollandais et italiens.
Lors de la première session, en novembre 2017 à Cesenatico, sur la côte adriatique, le premier groupe a découvert le musée maritime qui a été créé là en 2005. Exemple passionnant, car la cité a fait de son port-canal historique l’atout majeur de son développement économique et touristique, et le symbole d’une identité locale sauvegardée, mais aussi l’ancrage du lien qui soude la communauté locale.

L’enrichissement issu de cette formation, formalisé par un rapport, a été reconnu par Erasmus + qui a donné le feu vert à l’organisation d’une nouvelle session en 2018.

Celle-ci s’est déroulée en novembre dernier à Pasaia. Cette fois, il s’agissait de découvrir le site, l’histoire et le fonctionnement très singuliers de l’association Albaola, qui compte à présent vingt-quatre salariés, une école de charpente au fonctionnement calqué sur l’Apprenticeshop fondé par Lance Lee en Nouvelle-Angleterre, un écomusée consacré à l’histoire du Pays basque maritime et le chantier de construction du San Juan, réplique d’un galion du XVIe siècle, labellisé Unesco (CM 295).

© Emmanuelle Pouquet

Accueilli par Xabi Agote, le charismatique fondateur d’Albaola, son équipe et ses partenaires, le groupe a beaucoup appris sur le patrimoine maritime basque, découvert les clés de réussite du projet, sa gestion et la dynamique lui permettant d’engager de nouvelles actions : ouverture prochaine d’une école de navigation historique, montage d’un nouveau hangar pour la construction d’un second bateau et construction d’une structure d’accueil touristique avec aménagement d’un sentier de découverte.

Là aussi, l’exemple d’Albaola, qui fait aujourd’hui rayonner une cité un temps sinistrée, lui rend son identité patrimoniale et fédère sa population, vient confirmer
le principe en vertu duquel le patrimoine maritime ne doit pas seulement être vu comme une richesse du passé, mais aussi comme un puissant levier pour imaginer l’avenir.

Des projets émergent d’ailleurs de ces deux premières sessions, comme la création d’une école itinérante de navigation à la voile latine entre Marseille, Saint-Tropez et Saint-Hippolyte (66), avec l’objectif de faire valider un diplôme officiel, et des actions pour revaloriser le métier de gréeur-mateloteur.

La troisième session Marina est à l’étude pour rallier Enkhuizen, aux Pays Bas, en novembre 2019. À suivre !

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