Le renouveau d’un (presque) Grenam

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Le renouveau d'un (presque) Grenam. © Bernard Vigne

C’est en 2003 que Maurice  Ganier achète un joli ketch  en bois à Marseille, l’Orange  Bleue, un Grenam construit  en 1964 à Pully (Suisse) par  M. Kirsch. Enfin, presque  un Grenam… Car ce yacht à  teugue n’est pas exactement  conforme aux plans conçus par  Gaston Grenier et Maurice Amiet  – dont la contraction des noms a  baptisé la série – à la demande  du Touring club de France. Pour  éviter de gréer un bout-dehors,  le constructeur a en effet choisi  de porter la longueur de coque  de 9 m à 9,70 m.  En 2012, après une petite  dizaine d’années passées sur la  Côte d’Azur, Maurice Ganier  rapatrie son ketch au Grau-du-Roi. C’est à cette époque que  nous nous rencontrons. Je ne suis  pas désoeuvré, mais j’ai du temps  à consacrer à un joli bateau qui  nécessite quelques travaux.  Nous commençons par démonter  les cadènes en acier, qui,  passablement oxydées, ont  attaqué les hauts, abîmés aussi  par les infiltrations d’eau de  pluie. Pour remplacer ces  bordages en acajou rivetés sur  membrures ployées, il faut bien  sûr démonter une partie du pont  jadis stratifié… Et, de fil en  aiguille, nous décidons de refaire  l’ensemble ! Par mesure  d’économie, le nouveau pont sera  en contre-plaqué époxy de 12 mm  d’épaisseur et non en teck comme  à l’origine. Heureusement,  le barrotage peut être conservé.  Il faut ensuite restaurer  la claire-voie et les capots, dont  celui de descente, un peu  volumineux mais souhaité par  le premier propriétaire. À raison  d’une grosse journée par semaine,  il nous a fallu cinq bonnes années  avant de pouvoir regréer le bateau  pour tirer des bords dans le golfe  d’Aigues-Mortes en juin dernier.  Entre-temps, Maurice et moi  sommes devenus associés.  Du coup, nous avons décidé  de changer le nom du Grenam  qui s’appelle désormais Meltem.  Il nous reste encore bien sûr pas  mal de travail : le cockpit est  à reprendre, nous devons  restaurer la cuisine… Mais bon,  maintenant on peut laisser tomber  les outils quand ça nous chante,  hisser les voiles et virer la bouée  de l’Espiguette.

Article écrit par Bernard Vigne

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