Le havre chinois des bateaux errants

© T. Seguin/Adramar

Dans les anciens entrepôts du port d’Exeter, en Grande-Bretagne, l’International Sailing Class Association (ISCA) a recueilli de 1975 à 1996 une extraordinaire collection de navires traditionnels. Le premier noyau comprenait des unités de travail d’intérêt ethnographique, mais aussi le Cignet, un bateau de loisir du XIXe siècle à l’effigie d’un cygne. Au fil des ans, la collection s’enrichit de près de trois cents unités, boutres du Bahreïn, proas des îles Fidji, sampan de Birmanie, guffa d’Irak, canoës américains en écorce d’érable ou curraghs irlandais, et même la galère Argos que Tim Severin lança sur les traces de Jason.

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Pour réunir ces trésors, le président de l’ISCA, David Goddart, mettait à contribution tout un réseau d’officiers et autres fonctionnaires britanniques dans le monde entier. Le succès a cependant entraîné la fin du musée, à mesure que le port retrouvait vie : une fois les anciens entrepôts convertis en bars, boutiques et appartements de luxe, le loyer symbolique du départ devint exorbitant pour une structure qui se finançait avec ses cent mille visiteurs par an. En 1997, le musée maritime d’Exeter dut fermer ses portes. La collection ne trouva pas de nouvel abri, et beaucoup de bateaux furent détruits. En 2015, l’année de la mort de David Goddart, les plus précieux étaient rassemblés à l’intérieur de quatre conteneurs.

En décembre dernier, les soixante-dix bateaux les plus rares et les moins dégradés ont été achetés par l’homme d’affaires Yu Xefeng, qui projette d’ouvrir un musée maritime en Chine. Giovanni Panella

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