Le Cœur de Lesconil

Le chantier Le Cœur a ouvert ses portes à Lesconil en 1905. De cet atelier, sis rue Jean-Jaurès (ex-Grand-Rue) sont sortis un grand nombre- de pinasses, de chaloupes, pas moins de vingt-cinq « malamoks » – chalutiers de 15 m apparus dans les années trente –, sans compter la foule des canots à misaine ou à moteur.

chantier lesconil
© coll ar Vag

L’établissement a été en activité jusqu’au début des années quatre-vingt, à l’exception des deux périodes de guerre. L’entreprise travaille essentiellement pour la pêche, recrutant ses clients dans les ports du pays Bigouden, mais aussi à Concarneau, à Doëlan ou au Pouldu.

Le chantier est constitué d’une maison de plain-pied avec sol en terre battue et murs chaulés ainsi que d’un hangar. L’ensemble a été acquis en 2002 par la commune de Lesconil, à laquelle la famille Le Cœur a en outre légué l’outillage de l’atelier. Six ans plus tard, la mairie a confié le site à l’association Bag Leskon, pour l’occuper et lui trouver une nouvelle vocation. Cette association créée en 1991 avait fait construire l’année suivante – dans le cadre du concours Bateaux des côtes de France – le Sauveur des Petits, réplique du Calmette, un canot à misaine lancé chez Le Cœur en 1936. S’étant donné pour buts « la « conservation et la valorisation du patrimoine local », elle était bien placée pour dessiner un avenir à l’ancien chantier.

La municipalité a voté en juin dernier le projet de réhabilitation de site. La toiture et les huisseries du corps de bâtiment vont être refaites à l’identique, les murs ravalés. Quant au hangar, il pourrait être reconstruit afin d’accueillir « un espace muséographique simple et documenté », selon les termes de Laurence Le Berre, adjointe à la culture. Cet écomusée présenterait « les outils, machines et demi-coques témoignant de la construction navale à Lesconil ». L’établissement pourrait également accueillir des expositions temporaires et des conférences sur le patrimoine maritime.

Pour financer ce projet, dont le budget prévisionnel s’élève à 98 000 €, la commune envisage de solliciter le conseil général du Finistère ainsi que le conseil régional de Bretagne. Elle a aussi lancé une souscription avec le concours de la Fondation du patrimoine. Le port langoustinier de Lesconil, très actif jusque dans les années quatre-vingt, a subi de plein fouet la concurrence de ses voisins – Le Guilvinec, Saint-Guénolé et Loctudy – et sa criée a été fermée en 2008. Son riche passé mérite largement d’être ainsi rappelé.

Crédit iconographique : coll. Ar Vag

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