L’AB1 reprend du service

AB1
© André-Gabriel O’Neill

Après une quinzaine d’années de travaux au chantier de La Passagère, à Saint-Malo, l’ancien bateau-bus malouin AB1 – acronyme de Auto-bateau numéro 1 –, classé Monument historique, sera bientôt prêt à reprendre du service. Lorsqu’André-Gabriel O’Neill, son actuel propriétaire, récupère l’AB1 en 2005, qu’il baptise deux ans plus tard Commandant Jean O’Neill, en hommage à son père, officier de marine, il poursuit la restauration déjà entamée par son précédent propriétaire, l’association AMERAMI (CM 309). La structure métallique, la coque et le liston sont alors refaits.

Aujourd’hui, le chantier s’occupe de la peinture et de l’intérieur. André-Gabriel O’Neill, ingénieur de formation, se charge de la motorisation du bateau.

« Le bateau sera propulsé par un moteur électrique à rotation lente de 150 chevaux, sur lequel l’hélice, remise à neuf, est en prise directe, précise André-Gabriel O’Neill. Actuellement, la production d’énergie est assurée par un groupe électrogène classique Leroy Somer en attendant la conception et la mise en place d’un générateur électrique à hydrogène. »

Sauf quelques changements, notamment la suppression des banquettes de toile des passagers, le chantier s’est efforcé de conserver l’esprit historique de ce bateau, en particulier en refaisant les fenêtres du carré ou les portes. Au total, ces travaux auront coûté 300 000 euros, financés par la drac de Bretagne, l’association AMERAMI, André-Gabriel O’Neill et quelque soixante-dix donateurs.

Construit en acier riveté et soudé, long de 20,68 mètres et large de 4,63 mètres, jaugeant 45,89 tonneaux, l’AB1 a été lancé le 6 août 1935 par les chantiers Dubigeon de Chantenay, à Nantes. Exploité par la Société des Auto-Bateaux de la Basse-Loire, il navigue d’abord à Nantes, accueillant 150 passagers, à une vitesse de 10 nœuds.

Vendu à la société des Bateaux de la Côte d’Émeraude en 1939, il est sabordé à Saint-Malo en 1940, avant d’être renfloué à la Libération par la compagnie des Abeilles. De 1949 à 1989, exploité par Bateaux de la Côte d’Émeraude, il assure la liaison entre Saint-Malo et Dinard. Il est ensuite cédé à AMERAMI.

Une fois les derniers travaux sur le pont effectués, André-Gabriel O’Neill souhaite permettre aux membres et aux sympathisants de l’association malouine d’amis du patrimoine maritime Entre Terre et Mer, dont il est membre, de naviguer à la découverte des ports de Rance. Douze personnes pourront embarquer en navigation. Le carré et le pont du bateau étant dotés d’un réseau wi-fi, d’une sonorisation et d’un écran permettant la visioconférence, il pourra également accueillir des réunions de travail et des conférences. « C’est l’association Entre Terre et Mer qui s’occupera de gérer ces événements, précise André-Gabriel O’Neill. Je souhaite en faire un lieu convivial et d’échange. »

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