La Rabouilleuse – Ecole de Loire

© Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

En octobre dernier, l’association La Rabouilleuse – École de Loire, investissait son nouveau chantier, à Saint-Pierre-des-Corps, dans l’Indre-et-Loire. D’abord basée non loin, à Rochecorbon où elle a été fondée en 2011, cette bande de fous de la batellerie avait perdu ses premiers locaux dans un incendie en 2016. Les « nouveaux » bâtiments datent du XIXe siècle, et le hangar  Poisson porte encore le nom du charpentier qui s’y installa en 1952, pour y travailler jusqu’à sa retraite dans les années 2000. La mairie de Saint-Pierre-des-Corps a acquis les lieux – miraculeusement laissés dans leur jus – et y accueille gracieusement l’association. La Rabouilleuse et la Sibylle, les deux toues de l’association, embarquent des groupes d’une douzaine d’enfants des écoles ou de touristes pour leur faire découvrir le fleuve, à la voile vers l’amont, puis à la bourde (grande perche traditionnelle) en redescendant… Les moteurs – c’est assez original pour être salué – ne servent, à l’aller, que si le vent fait défaut pour remonter le courant. L’association conjugue ces sorties avec ses activités d’enseignement. Sur près de cent cinquante membres à ce jour, une trentaine y oeuvrent et s’entraînent dans le cadre d’une convention de formation à la batellerie de Loire. Les fûtreaux Bachi et Bouzouk, que l’association a mis à l’eau en 2017, servent plus spécifiquement à la formation à la voile, à la bourde et à l’aviron, tandis que les plates Le Faou et Le Roy, qui seront gréées et dotées d’avirons cette année, servent d’annexes.

Outre la qualité de pilotes fluviaux et d’animateurs en batellerie, chacun des quatre salariés de l’association a sa « spécialité » supplémentaire, qu’il s’agisse d’un brevet d’État de moniteur de voile, de grimpe d’arbres, d’ingénierie… ou de charpenterie de marine, dans le cas d’Igor Dezert. Ce dernier vient de mettre en chantier un fûtreau « revisité », avec une grande voile carrée mais des flancs légèrement frégatés et, sur un tableau qui interrompt la levée arrière, un safran plutôt qu’une piautre en lieu de gouvernail.

Deux nouvelles plates sont également à son programme hivernal, ainsi que les espars et les avirons pour toutes les « annexes » de la flottille. À côté de ces rustiques navires, le hangar Poisson accueille aussi une gracieuse yole de 1930, à clins rivetés de cuivre, en cours de restauration par l’association partenaire Yole de Loire, et le moule sur lequel Michel Gressier, un adhérent, construira bientôt son canoë canadien.

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