La flottille de Raymond à Sète

Raymond Dublanc,
© Philippe Malric

À peine remis de la douche glacée reçue à quelques jours d’Escale à Sète – un coup de fil du préfet annonçant l’annulation de l’événement –, Raymond Dublanc, le « Monsieur Bateau » de la manifestation (CM 293), forcément touché par ce coup de Trafalgar, n’a pas coulé pour autant. L’insubmersible est même remonté aussitôt sur le pont avec un programme chargé : réaliser une trentaine de modèles de bateaux pour le musée de la Mer de la ville !

Les maquettes, ça le connaît, il en a déjà des dizaines derrière lui – y compris en carton quand il se mêle d’initier la jeunesse à sa passion de ship lover. La dernière en date, la Coca de Mataró, réplique d’un navire de commerce du XVe siècle, devait être présentée à l’Escale d’avril dernier. Le Musée de la mer expose déjà l’un de ses dioramas, représentant un chantier de construction navale, tandis que le musée Paul-Valéry possède plusieurs maquettes de chalutiers modernes construites par Raymond.

Son dessein est cette fois de retracer l’histoire du port de commerce de Sète, depuis sa création en 1666 jusqu’à la fin de la voile. « À Sète, on se focalise toujours sur la pêche, mais c’est depuis l’origine un grand port de commerce et c’est ça que j’ai envie de montrer. » Suivant les plans de l’amiral Pâris (CM 224) pour les plus anciennes unités, l’ancien charpentier a commencé par une tartane, gréée en voile latine pure, qui lui a pris un peu plus d’un mois de travail. Le second modèle, plus documenté, sera également une tartane, qui a navigué à l’époque de Louis XV, sous le nom de La Diligente, et qui gréait deux mâts inclinés sur l’avant. Balancelles et autres chébecs, jusqu’aux plus fins clippers, devraient venir enrichir la flottille au fil des mois.

La mairie va mettre un local à sa disposition, pour y installer sa scie à chantourner (actuellement dans sa cuisine), son tour (logé dans le salon) et les cartons qui renferment le petit matériel, exploitable par les seuls maquettistes, passés maîtres en détournement d’objets. Raymond Dublanc s’en amuse encore : « J’ai réalisé une fois un clipper qui faisait moins de 50 centimètres, avec des vergues taillées dans des cure-dents. Pour les fourrages, c’était coton ! »

Voilà de quoi l’occuper en attendant 2022, date à laquelle a été reportée Escale à Sète, victime d’un virus qui ne semble pas avoir porté atteinte aux forces vitales de l’association ! Nathalie Couilloud

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