La fin tragique de la Belle Angèle

Vieux gréement, Belle-Angèle, naufrage Belle Angèle, Pont-Aven
© Mélanie Joubert

Anthony Meignan, connu à Saint-Malo comme le capitaine habituel du cotre corsaire Le Renard, est mort avec La Belle Angèle dont la barre lui avait été confiée. Il avait quarante-trois ans et c’est à lui d’abord et à ses proches que vont nos pensées. L’armement malouin Étoile marine croisières, dont il était salarié et qui affrétait le chasse-marée du pays de l’Aven, lui avait demandé de le rapatrier à Pont-Aven où il devait hiverner. Six personnes l’accompagnaient : deux marins professionnels et quatre bénévoles de l’Association La Belle Angèle.

Parti de la Cité Corsaire le dimanche 15 octobre à destination de Concarneau, le skipper décide de relâcher à l’Aber-Wrac’h en raison du mauvais temps. Le mardi 17 octobre, le vent paraissant avoir molli, il appareille à 5 heures du matin, soit une vingtaine de minutes après la pleine mer, afin de profiter du courant de jusant. La Belle Angèle se trouve encore dans le chenal – dans le Sud du Petit Pot de Beurre – quand le skipper capte par vhf un bulletin météo pessimiste – le cross-Corsen annonce des creux de 6 à 8 mètres –, qui le décide à virer de bord pour retourner au port. C’est au cours de cette manœuvre, dans cette portion étroite du chenal, que le bateau, bousculé par la houle, échappe à tout contrôle. Anthony Meignan est précipité à la mer. La Belle Angèle talonne puis s’échoue sur les roches de l’île de la Croix, au débouché du chenal de la Malouine.

Alerté par un message de détresse à 5 h 50, le cross-Corsen mobilise aussitôt les secours. Le canot tous temps Présidents Joseph Oulhen appareille de l’Aber-Wrac’h. Sur place, l’annexe semi-rigide est mise à l’eau et deux sauveteurs y embarquent. Mais la houle est si importante que le pneumatique chavire, obligeant les deux hommes à rallier à la nage l’île de la Croix. Ils y trouvent un équipage choqué et en hypothermie. Quatre rotations de l’hélicoptère de la Sécurité civile seront nécessaires pour évacuer les six rescapés et leurs sauveteurs. En fin de matinée, le corps du skipper est repéré par l’hélicoptère de la Marine à 2 milles plus à l’Ouest ; il sera recueilli par la vedette André Tréguer de la station de l’Aber-Wrac’h.

Quant à La Belle Angèle, la houle ne tarde pas à la fracasser. Le vendredi 20 octobre, une partie de la coque est retrouvée échouée 10 milles plus à l’Est, près du phare de Pontusval, à Brignogan. Elle y sera coupée en deux et tirée à terre (photo). Privée de sa raison d’être, l’assocation, qui ne pourra faire reconstruire une telle unité, envisage d’acquérir un autre bateau du patrimoine.

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