La charpenterie du Goyen

Benoît Bouf et Cyrille Humbert, charpentiers de marine et amis de longue date, reprennent l’ancien chantier Quillivic à Plouhinec, dans le Finistère.
Benoît Bouf et Cyrille Humbert, charpentiers de marine et amis de longue date, reprennent l’ancien chantier Quillivic à Plouhinec, dans le Finistère. © la Charpenterie du Goyen

C’est un formidable outil qui renaît dans le Finistère Sud avec la reprise d’un chantier centenaire par les charpentiers de marine Benoît Bouf et Cyrille Humbert. À Plouhinec, sur les rives du Goyen, les deux charpentiers de marine sont en effet à pied d’œuvre pour remettre en route un équipement établi en 1923 au pied du château de Locquéran. « Quand Benoît m’a appelé pour me dire que le chantier était à vendre, raconte Cyrille, je n’ai pas hésité une seconde. » Et on saisit mieux la mesure de son enthousiasme quand on sait qu’il signait dans le même temps son départ d’Australie, où il travaillait depuis plus de dix ans !

L’histoire des lieux est bien connue (on la retrouvera sur le site <audierne-les-dundees-motorises.com>) : en 1923, Léon et Alexandre Landrac, deux frères, s’associent à Léonard Courtois dans la création d’un chantier qui se spécialise dans la construction de pinasses. Un an après la cessation de leur activité en 1954, un nouveau chantier voit le jour, au même endroit, à l’initiative de Raymond Kersaudy et Henri Gourlaouen, deux beaux-frères qui lanceront un bon nombre de langoustiers-thoniers au cours des treize années suivantes. En 1968, suite au décès de Raymond Kersaudy, Paul Quillivic, jusqu’alors contremaître au chantier Gléhen, s’associe à Henri Gourlaouen. Dix ans plus tard, il prend seul la direction du chantier où il va lancer bon nombre de navires pour les ports finistériens, jusqu’à ce que la crise de la pêche et le plan Mellick condamnent de nombreux chantiers bois à la fin des années 1980… Les locaux seront alors repris par Patrick Prophette, dont l’entreprise Cornoch Marine propose des services d’hivernage et de petite réparation nautique.

« Avec Benoît, raconte Cyrille, on se connaît depuis une vingtaine d’années. Amis d’abord, on a aussi été collègues sur des chantiers comme la restauration de Fleur de Passion (CM 253), à Port-Saint-Louis-du-Rhône, ou encore la construction d’une goélette de plaisance à Dubaï. Ensuite, nos chemins se sont séparés. Benoît travaillait dans des chantiers en France tandis que je suis parti en Australie où j’ai géré durant huit ans le port de plaisance de Cameron, à Sydney, avant de créer mon atelier à bord d’un ancien crevettier qui me permettait d’intervenir partout dans la baie. »

Depuis le retour de Cyrille en France, les deux associés ont mené un grand nettoyage des lieux avant de s’atteler à sa remise à niveau. Outre quelques emménagements à l’intérieur, il est aussi question de remettre en état la cale de mise à l’eau et surtout d’installer un slipway en utilisant les plots de l’ancienne glissière de lancement. Cet outil, associé au bâtiment et au site, contribuera à faire de leur chantier l’un des plus beaux équipements bretons pour les bateaux en bois. « Nous avons déjà en vue quelques projets de restauration, sachant que nous proposons aussi nos compétences en charpente et menuiserie pour le bâtiment ou encore dans la fabrication de mobilier. Quant à l’hivernage, on dispose de près de 1 000 mètres carrés, à l’intérieur et à l’extérieur. »

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