Jézéquel, la quatrième génération

À Saint-Martin-des-Champs, près de Morlaix, Jean-Marie Jézéquel a pris la direction du chantier familial début octobre.

chantier jezequel
© Delphine Van Hauwaert/Ouest France

Biberonné à l’eau de mer et élevé dans les copeaux, Jean-Marie, 30 ans, avait intégré l’entreprise voici onze ans, au sortir de ses études. Désormais, c’est la quatrième génération de Jézéquel qui est aux commandes du chantier fondé en 1910 à Carantec par Eugène Moguérou, ce dernier ayant été rejoint dès la fin de la Première Guerre mondiale par Alain Jézéquel. En 1952, Georges Jézéquel reprenait l’entreprise, assisté de son père, Alain, qui quelques années plus tôt avait construit l’Anahita au commandant Bernicot. Trois ans plus tard, les deux hommes lançaient leur premier Cat-boat, suivi en 1959 du Dauphin. En 1971, Alain Jézéquel – petit-fils du premier – entrait en apprentissage au chantier, une structure dont il prenait les commandes en 1985 après avoir participé à la naissance du J 25. Alain s’imposera rapidement comme le grand spécialiste du Cormoran, construisant sur les plans de son frère Olivier. En 2005, trois ans avant le déménagement du chantier à Saint-Martin-des-Champs, c’était donc au tour de son fils Jean-Marie de le rejoindre, alors que débutait la restauration de Phébus, un plan Brix construit chez… Moguérou en 1932.

Désormais patron, Jean-Marie compte bien perpétuer la tradition familiale avec des constructions d’exception – le chantier produit aujourd’hui près de deux Cormoran par an, ainsi que des Cat-boat ou encore des Bernarche – et des restaurations qui ne le sont pas moins. « Ces deux secteurs représentent environ la moitié de nos 220 000 e de chiffre d’affaires », précise-t-il. L’autre moitié, c’est l’entretien et l’hivernage, la structure disposant pour ce faire d’un grand hangar – le paradis pour tout amateur de bateaux bois ! – et d’un terre-plein au bord de la rivière de Morlaix.

Cet hiver, deux restaurations de fond sont au programme, celle du Cap Fréhel, un Dauphin de 1963, et celle d’Askold, le J 25 n° 2 (1976). Il est aussi question de mettre sur cale un Cormoran, la réalisation d’un pont en bois massif sur un voilier en acier de 25 m destiné au grand Nord étant aussi en vue d’ici quelques mois. Pour ces travaux, Jean-Marie est aidé d’un charpentier et d’un apprenti. « Et de mon père ! ajoute Jean-Marie. Il va rester encore une année pour me donner un coup de main. Le temps aussi pour lui de se construire l’extrapolation d’une Bernache que son frère Olivier lui a dessinée. C’est un canot de 5 m gréé houari qui lui servira en baie de Morlaix quand il ne sera pas en croisière avec Prima, son plan Brix. »

Crédit iconographique :  Delphine Van Hauwaert/Ouest France

 

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