Gaston et Zambèze entrent en Seine

Sequana, Seine, Chatou, Zambèze
Gaston et zambèze. © coll. Sequana

Le 17 septembre, à Chatou, l’association Sequana a remis à l’eau deux unités restaurées par ses soins, dont Gaston, un dériveur à bouchains vifs de type Mistral, voilier conçu et construit à Lyon en 1950 par le duo Sergent et Amel. Acquis auprès d’un antiquaire collectionneur, le bateau était en très mauvais état quand il est arrivé sur l’île des Impressionnistes : bordé d’acajou enfoncé en plusieurs endroits, membrures et varangues cassées… A-t-il fait côte ou l’a-t-on transporté sur une remorque inadaptée ? Toujours est-il qu’il a fallu près de deux ans et demi de travaux pour redonner vie à cette unité. Long de 5,20 m, large d’1,80 m, calant 0,24/1,20 m, déplaçant 600 kg, portant 13,40 mde voilure, ce Mistral se caractérise notamment par son large rouf ouvert qui abrite deux bannettes.

L’autre bateau du jour s’appelle Zambèze, un canoë français à voile et aviron pour un rameur et un barreur construit à la fin du XIXe siècle à Paris, quai de la Rapée, par Auguste Tellier. Donnée en 2009 à Sequana par Claude Fouillouze, cette unité de 6,48 m de long pour 0,69 m de large et 0,20 m de creux, après avoir été menée sur la Vienne par l’oncle de son donateur, a été entreposée plusieurs années dans une cave troglodyte de tuffeau. L’hygrométrie et la température constantes des lieux ont probablement participé de sa bonne conservation, à l’exception des pièces en résineux – genoux, lisses et supports de barre de pieds – attaquées par la vrillette… Heureusement, l’acacia et l’acajou des membrures ployées et des clins rivetés n’étaient pas au goût du coléoptère. La restauration a débuté en 2013. Après nettoyage, on découvre la finesse de sa construction. Zambèze a visiblement été conçu sur mesure pour un propriétaire privé en vue d’une utilisation que l’on qualifierait aujourd’hui de sportive. Les pièces en résineux, détruites, sont refaites en chêne afin de déplaire au xylophage.

Le chantier vise également à réparer certaines gerces des clins, ouvertes et comblées à l’époxy, leur taille ne permettant pas un flipotage. Le plancher, démontable et constitué de deux planches en résineux de 4 mm d’épaisseur pour 25 cm  de largeur – épargnées par la vrillette ! – est renforcé à l’aide de fines cales collées à l’époxy en sous-face des planches, qui désormais y reposeront tout en portant sur les seules membrures comme à l’origine. La coque quasi refaite à neuf, Véronique Laloup – qui a mené les travaux avec les conseils de Kareen Sontag et de Guy Lécuyer – doit désormais restituer au Zambèze son gréement. À l’avant du canoë, on a découvert en effet un coffrage carré qui assurait le maintien d’un mât démontable…

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