Føyna se prépare pour le Grand Sud

foyna
© Jacques van Geen

Depuis la fin du mois d’août dernier, Lun II et Føyna sont à couple à l’entrée du Port-Rhu à Douarnenez. C’est en revenant du Nord de la Norvège, après une saison au charter avec des skieurs dans les fjords qu’Ulysse Buquen, armateur du Lun II (CM 283), est également devenu propriétaire du Føyna. Construit en 1941 pour la chasse à la baleine, ce navire à moteur en pin sylvestre mesure 18 mètres de long pour 5,1 mètres de large et son déplacement est estimé à 40 tonnes. Après avoir été armé à la pêche à Terre-Neuve, puis au transport de fret et de passagers, l’ancien baleinier sera bientôt voué à la recherche scientifique en Antarctique.

Léopold Maréchal et Yann Wyllard, respectivement capitaine et second du navire, ont entrepris un important chantier de transformation et de préparation du bateau en vue de repartir l’été prochain. Aujourd’hui propulsé par un puissant moteur, le Føyna sera gréé et portera quelque 200 mètres carrés de voile. Le bordé, sain et robuste, recevra à la hauteur de la flottaison et sur l’étrave une protection en cuivre contre la glace. La serre-bauquière doit être changée sur l’avant ainsi que plusieurs barrots et une partie du pont. Le vaigrage sera enlevé dans les fonds pour laisser respirer la membrure. Les couples, au niveau des mâts, seront renforcés avec du métal et des étambrais vont être installés. Un lest en fonte devrait compléter le béton coulé dans les fonds. La timonerie sera refaite et abaissée d’environ un mètre. L’intérieur accueillera des emménagements simples : une grande table au centre, des couchettes cercueils sur les côtés et un chauffage au bois. Le Føyna pourra ainsi accueillir une dizaine de personnes, ainsi que du matériel scientifique.

Le voilier embarquera six étudiants chercheurs, des normaliens associés au sein d’un programme interdisciplinaire sur les effets du changement climatique baptisé Antarctique 2,0 °C (<ens-antarctique.fr>). Réunis en association, ils s’affairent à lever les fonds encore nécessaires, à hauteur de 100 000 euros. « Ces jeunes ont envie d’expériences fortes et de quitter le monde de la théorie… », interprète Ulysse, qui fera peut-être le voyage de conserve, à bord de Lun II. M. C.

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