“Fleur de Passion” autour du monde

© Fondation Pacifique

Il est arrivé à la date prévue après un tour du monde de quatre ans et demi : Fleur de Passion (CM 253), parti le 13 avril 2015 de Séville, y est revenu dans la nuit du 4 au 5 septembre derniers, en pleines festivités du cinq centième anniversaire de la circumnavigation de Magellan-Elcano (1519-1522).

Baptisé Ocean Mapping Expedition, ce voyage organisé par la fondation suisse Pacifique (<omexpedition.ch>) a permis à plus de trois cents personnes de rejoindre le bord au gré des escales. Des jeunes embarqués dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer, des passagers payants et des chercheurs se sont côtoyés au cours de ce périple, durant lequel l’Équateur a été franchi quatre fois. Outre les missions scientifiques (cartographie des pollutions micro-plastique et sonore, étude du blanchiment des coraux et des effets des gaz à effet de serre…), en lien avec plusieurs centres de recherche, le ketch de 24 mètres a aussi embarqué une vingtaine de dessinateurs.

Le voilier avait en permanence trois membres d’équipage à bord. Tour à tour bosco, second ou préposé à l’avitaillement, Yffig Pleybert (CM 220), gréeur de son état, a ainsi navigué sur plusieurs étapes, sur tous les océans. « On s’est même retrouvés avec des cochons vivants à bord dans les îles du Pacifique ! Mais j’ai surtout apprécié le contact avec les chercheurs et avec les jeunes, pas toujours simples à gérer… On n’a pas forcément une âme d’éducateur à la base, mais ils sont attachants, ces mômes ! »

Fleur de Passion a été mis deux fois en chantier, à Brisbane et Capetown, pour carénage et maintenance, et il n’a eu à subir aucune avarie majeure. Cet ancien chalutier militaire allemand, bordé en chêne sur une membrure en acier, lancé en 1941 dans un chantier de Brême, a été restauré par la fondation Pacifique entre 2003 et 2009. Il avait déjà été transformé en ketch dans les années 1980 par son ancien propriétaire, Claude Millot. Fleur de Passion a participé à la parade organisée en septembre à l’embouchure du Guadalquivir avec les répliques des flottes des Grandes Découvertes, puis a rejoint au Portugal le Mauritius, l’autre bateau de l’association, avant de revenir à Douarnenez mi-octobre. Son gréement doit être repris à Camaret début 2020. Il sera temps, ensuite, de repartir pour de nouvelles aventures, cette fois en mer Rouge…

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