Éditorial Chasse-Marée 298 : la fabrique du futur

Vingt-sept personnes - des spécialistes en mécaniques, en électricité ou en ingénierie navale - constituaient l'équipe de l'Instituto Superior Técnico de Lisbonne dont on voit ici le bateau lors de l'épreuve de slalom. © Studio Borlenghi

Il y a environ deux ans, nous consacrions cette même page (CM 283) à la quatrième édition de l’Hydrocontest, un concours international destiné aux étudiants sur le thème de l’efficience énergétique sur l’eau. Cette épreuve vise à concevoir des navires capables de transporter plus et plus vite, tout en consommant moins grâce à un travail portant essentiellement sur les coques et les appendices.

Du 12 au 14 juillet derniers, c’est un événement proche qui s’est déroulé dans la principauté monégasque, le Solar And Energy Boat Challenge, une manifestation créée en 2014 par le yacht-club de Monaco, mais axée, elle, sur la propulsion. Toutes les sources d’énergie « propre » peuvent être exploitées, notamment pour faire avancer des catamarans conçus spécialement pour l’occasion et fournis à chaque équipe par l’organisateur. « L’objectif est d’apporter de nouvelles solutions et, surtout, de les comparer entre elles, explique Jérémie Lagarrigue, directeur de Hydros Efficiency – partenaire de ce rendez-vous – et organisateur de l’Hydrocontest. Il faut garder en tête que le transport maritime représente 4 % de la pollution mondiale et 90 % des échanges commerciaux se font par bateaux. Il faut sensibiliser les acteurs, les constructeurs, les usagers et les transporteurs. » Quand on sait par exemple que le rendement d’un moteur à explosion est de 30 %, alors qu’il est de 90 % pour une machine alimentée par une pile à combustible, on comprend mieux tout l’intérêt de ces recherches.

Trente équipes se sont affrontées lors de cette cinquième édition du Challenge à travers plusieurs épreuves : record de vitesse, slalom ou course longue distance (16 milles) vers Vintimille. Si les bateaux solaires étaient nombreux – vingt-trois unités, dont quinze néerlandaises ! –, le projet de Plastic Odyssey (CM 295) comptait parmi les plus innovants, avec une propulsion assurée grâce aux déchets plastiques… Le Challenge s’est aussi poursuivi à terre où, chaque soir, les participants présentaient leurs recherches et échangeaient autour de leurs problématiques, à l’image des Allemands de Solarboot Team Emden qui ont ainsi mis en avant leur bateau solaire dédié au « ramassage scolaire » sur le lac Bunyonyi (Ouganda).

Il y a un peu plus d’un siècle, tandis que se développaient les moteurs à explosion – la révolution propulsive d’alors –, Monaco accueillait déjà les premières épreuves internationales de canots automobiles, où nombre d’industriels se retrouvaient pour partager des idées et faire progresser les techniques. Aujourd’hui, c’est donc l’histoire qui se perpétue, ou qui se nourrit d’elle-même, tant nos soucis énergétiques sont étroitement liés aux carburants d’autrefois. Mais, comme il y a cent ans, le plaisir et l’intérêt demeurent vifs de suivre ces « fabriques du futur » qui font la part belle à l’architecture et à l’ingénierie nautique. Gwendal Jaffry

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