Editorial 306 – Fêtes sauvages

Le passage du gois de Berder, un temps fort pour les voiles-avirons à la Semaine du Golfe

« C’est Monsieur le maire qui vient de vous servir… », me chuchote une dame. Non seulement le petit-déjeuner est « cinq étoiles », mais, en plus, c’est le premier édile d’Auray qui officie à la cafetière ! Jeudi déjà, à Locmariaquer, chaque équipage des bateaux d’assistance venus veiller sur les limites de parcs à ne pas franchir nous lançait à tous un généreux « Bienvenue ! ». Hier, à hauteur du Parun, en Baden, notre flottille, celle des canots voile-aviron, était invitée à faire escale sur des barges ostréicoles mouillées en pleine rivière, converties pour l’occasion en bars à huîtres. Plus tard dans la journée, à Saint-Goustan, les organisateurs avaient même songé à réserver pour la tranquillité des quelques équipages qui dormaient sur leur canot une filière spéciale « nuit à bord » dans la zone la plus tranquille du port…

Pendant la Semaine du Golfe, l’accueil des équipages est… incroyable. L’accueil, mais également l’organisation, précise sans être rigoriste, sérieuse tout en demeurant détendue, garante d’un programme varié et plutôt bien rempli. S’il existait un guide Michelin des fêtes maritimes, il y a fort à parier que l’événement morbihannais taperait les trois cabillots.

Mais ce qu’il y a de fantastique aussi dans ces fêtes, c’est de voir le nombre d’équipages qu’elles parviennent à mettre sur l’eau. Ce n’est pas chaque weekend de printemps qu’on voit quelque deux cents voile-aviron croiser bord à bord, et il y a fort à parier que nombre des bateaux présents ne seraient pas là sans cette organisation.

Pour autant, faut-il attendre pour cela chaque semaine du Golfe, ou toute autre grande fête maritime ? Non, bien entendu. En revanche, ces fêtes sont de bonnes occasions pour se rencontrer, nouer des liens… qui permettront ensuite de se retrouver. Récemment, un organisateur de rassemblement me lançait justement qu’il rêvait d’un événement… (presque) sans organisation. « Il suffit d’imaginer des free parties pour les bateaux du patrimoine et du “naviguer autrement”… des rendez-vous improvisés, comme ceux des amateurs de musique electro qui se retrouvent pour un week-end dans un champ… On gagnerait beaucoup à renouer avec cette spontanéité. » Armateurs et équipiers, il vous reste quelques semaines de belles conditions météo à mettre à profit !

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