Des jardiniers sous-marins en Méditerranée

mission REPIC
© mission REPIC, @Andromede Oceanologie

Les herbiers de posidonie, une plante sous-marine aujourd’hui protégée, recouvrent presque un quart des fonds marins de Méditerranée et sont primordiaux pour l’équilibre de son écosystème. Certaines activités humaines – constructions portuaires, extensions en mer, pollution de l’eau ou encore raclement des ancres de bateaux – les menacent. La société Andromède Océanologie, basée près de Montpellier, mène des projets de préservation depuis sa création en 2008, dont deux centrés sur la posidonie. « Les herbiers arrachés par les ancres ou les vagues peuvent continuer à vivre et à se développer, tant qu’ils ont accès à la lumière et ne sont pas charriés à la côte, informe Pierre Descamp, biologiste marin, plongeur et gérant de la société, cela permet de les récupérer pour les “replanter” comme ferait un jardinier avec une bouture… mais sous l’eau ! »

En 2019, puis en 2020, une équipe de plongeurs scientifiques a ainsi repiqué des milliers de rhizomes de posidonie un par un, à l’aide d’agrafes métalliques, dans le golfe Juan, à Antibes, devenu une zone de mouillage interdit. « Un travail laborieux, précise Pierre Descamp, mais adapté à la posidonie qui pousse extrêmement lentement, à raison d’un à cinq centimètres par an. Nous aurons fini les transplantations d’ici à 2022. »

Outre cette replantation, Andromède Océanologie a déplacé 500 mètres carrés de posidonie, en 2017, à Monaco, pour le groupe Bouygues Travaux Public, permettant ainsi à la ville d’aménager une extension de la côte de 6 hectares sans détruire la flore locale. À l’aide d’une grande pince à quatre bras mécaniques, installée sur une plate-forme marine dédiée, des mottes entières de posidonie ont été extraites du fond marin avec leur substrat et reposées un peu plus loin dans des paniers en fibres biodégradables. Les travaux d’extensions sont terminés depuis 2019, et à ce jour on estime que 80 pour cent des herbiers transplantés ont survécu : « C’est très encourageant, mais nous devons attendre fin 2021 pour avoir un vrai bilan, précise le chef de mission. D’autres projets sont en cours d’élaboration. Il est important de se donner les moyens nécessaires pour préserver le “poumon” de la Méditerranée. »Manon Clasen

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