Charpente marine du Légué retrouve son atelier

© Nathalie Couilloud

Le chantier Charpente marine du Légué a repris une activité normale après avoir vécu une délicate année 2016. La couverture en Eternit de son hangar a en effet gravement été endommagée par la chute de frênes, déracinés par une tempête en mars 2016. La charpente métallique de cet ancien entrepôt de 650 m2 a bien résisté, mais le chantier a ensuite été fermé plusieurs mois pour être désamianté. « Si j’avais mis mes salariés au chômage technique comme on me le conseillait, on ne serait plus là, précise Marc Nicolas, le patron de l’entreprise. On a au contraire continué à travailler et c’est ce qui nous a sauvés. » Les trois charpentiers privés d’atelier se sont, entre autres, repliés sur Brest pour réparer un chalutier, avec le soutien du chantier du Guip. Le hangar a été réinvesti le 24 décembre 2016 avec un toit neuf et une nouvelle façade, mais Marc Nicolas a eu la mauvaise surprise de découvrir que les outils, espars et pièces d’accastillage avaient disparu pendant leur absence. « Heureusement que les clients nous ont fait confiance et ont reculé leurs échéances. »

Repeinte en gris, la façade s’ouvre désormais par une porte de 6 m sur 6, ce qui va permettre de faire entrer de plus grands bateaux. Dans le chantier, un Shellback dinghy (sur plans WoodenBoat), jolie annexe en bois munie d’une voile au tiers, vient d’être construit, avec des fonds stratifiés époxy, à la demande des patrons de Gallant.

Un joli Carantec de 1947, Tara, est lui aussi en cours de finition : le pont, l’étrave, l’étambot, une partie de la quille et des membrures ainsi que le safran ont été changés ; un moteur inboard a été ajouté et les charpentiers ont dû refaire des emménagements et des espars, disparus pendant les travaux.

À proximité d’un Muscadet et d’un Ilur en réparation, se profile la fine carène d’un Requin, habitué du chantier. « C’est un des plus anciens, construit au Danemark vers 1936 ou 1938. On a changé la quille sur les deux tiers de sa longueur, car la râblure en pin était mâchée et on ne pouvait plus calfater. L’eau entrait également par les boulons de lest. »

Le chantier, qui fête ses dix ans en 2018, intervient régulièrement sur les bateaux traditionnels du secteur (la Pauline est attendue en février) et effectue des réparations sur les bateaux de pêche. Il va bientôt abriter le Carantec de 7,60 m de Marc Nicolas pour réfection du pont avant sa mise en vente.
N. C.

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