Bella Stella, la concrétisation d’un rêve

© Bruno Arcaleni

Après quatorze années en chantier, Bella Stella, sloup bermudien de 10 m de long (4 m de large) construit en 1948 aux chantiers Zuliani de Villefranche-sur-Mer va reprendre la mer. C’est en 2002 que Bruno Arcaleni, Nissart (c’est-à-dire Niçois… en langue niçoise !) de vingt ans, avait découvert ce bateau au port de la Darse, alors qu’il était en stage au CNRS de Villefranche dans le cadre de ses études de biotechnologie. « Je rêvais alors de partir à son bord vivre des aventures comme Moitessier, se souvient-il. »

Son BTS en poche, Bruno se voit deux avenirs possibles : « travailler dans un labo à la lumière des néons ou devenir marin de yacht pour gagner ma vie en naviguant. » Il choisit la seconde voie et, la paye de sa première saison de matelot en poche, il se met en quête d’un bateau. « J’ai trouvé une annonce évoquant un voilier en bois de 10 m, mais sans photo. J’ai appelé, on m’a dit qu’il était au mouillage à Villefranche. Une fois sur place, j’ai sorti mes jumelles… et c’était le bateau de mes vingt ans qui était à vendre. Je l’ai acheté sans réfléchir… C’était le destin ! »

Rapidement, Bruno se rend compte que le bateau a été mal entretenu. « Par endroits, les bordages avaient été flipotés, puis stratifiés. La membrure aussi était très abîmée. Ma rencontre, au même moment, avec le chantier associatif de la Campanette, à Cagnes-sur-Mer, a été essentielle. » Le voilier y est mis au sec en 2006 pour une restauration de fond. « Sur place, il y avait les machines, la passion et les compétences pour m’accompagner dans mon projet. » Pour financer tout cela, Bruno passe des diplômes afin de gravir les échelons jusqu’à devenir capitaine de yacht, une activité qui lui permet de travailler sur son bateau tout l’hiver, « avec des amis venant prêter main-forte aux étapes charnières. »

La restauration se veut la plus fidèle possible à l’original. « J’ai remplacé 100 pour cent des couples ployés en acacia et 85 pour cent des couples en chêne chantournés. » La totalité du bordé en pin maritime est refaite, elle, en sipo. En revanche, étant donné le « grand voyage » au programme, les superstructures sont modifiées avec la transformation de la casquette en timonerie. Car, entretemps, le rêve d’un jeune homme est devenu celui de toute une famille… Marion, la femme de Bruno, a même quitté son poste de laborantine pour devenir sellière spécialisée dans le nautisme. La mise à l’eau de Bella Stella est prévue pour juin prochain. Bruno, Marion et leurs deux jeunes enfants, Livio et Joanie, pourront alors vivre leur rêve en entamant un tour de Méditerranée, avant de mettre le cap sur la Baltique… Emmanuelle Pouquet

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