Au bonheur des Marguerites

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© Nicolas Le Corre

À Lorient, l’association Les Marguerites fait naviguer et entretient des yachts classiques de propriétaires. L’énergie ne manque pas dans ce collectif jamais à cours de projets ou d’idées.

À l’origine, il y a un homme et un bateau, Nicolas Le Corre, photographe de presse devenu charpentier de marine, et Marguerite, son Ocean racer, dessiné par François Sergent et construit en 1958 chez Croiser, à Sartrouville.

L’association Les Marguerites naît en 2013 à Lorient autour du plan Stephens Stemaël IV, bientôt rejoint par le yacht de Nicolas, avec une idée simple mais lumineuse : les propriétaires des unités confiées à l’association financent les travaux lourds que nécessite leur bateau, mais l’entretien courant est assuré par les adhérents, qui font aussi naviguer les voiliers. La flottille s’agrandit bientôt avec l’arrivée du Nicholson 43 Sceolaing, ainsi que de Pilen, un 30 m2 suédois conçu par Gustav Estlander en 1927.

Le collectif occupe depuis maintenant trois ans un vaste hangar, loué à la Chambre de commerce et d’industrie, qui a misé juste : cette petite bande a su créer un havre de beaux projets, aussi bien en termes nautiques que du point de vue social. Des « Ateliers du patrimoine », qui abritent l’atelier de Nicolas, celui de Maxime Bastin, charpentier frais émoulu de Skol ar Mor, et enfin La Perrière nautisme, l’entreprise de Damien Hiest, qui propose ses services en mécanique, électricité et transport de bateaux.

« Chaque hiver, explique Nicolas, l’association – qui compte une cinquantaine de membres actifs, dont de nombreux jeunes  – démonte l’ensemble de l’accastillage des yachts, ce qui permet de tout vérifier, de réparer éventuellement, et simplifie ponçage, peintures et vernis. »

Si des travaux lourds sont nécessaires, ils sont assurés par les professionnels. Ceux du chantier ont par ailleurs travaillé cet hiver sur Pen Duick II, le plan Cornu de 12,50 mètres Kanthaka, Sceolaing, ou encore le Contessa Naijik

D’autres chantiers sont aussi menés ici par les adhérents comme les restaurations du Tina Bolero, d’un Vaurien, d’un Mistral, d’un Taillevent (encore deux plans Sergent), d’un canot de Groix, d’un goémonier… Un espace est également dédié aux Bélouga et Esturgeon lorientais en hivernage ou en travaux. Enfin, l’association Kariba mène ici un chantier plus surprenant : la restauration d’un ancien bus à impériale de Brighton qui servira à des expositions et projections…

Dès les beaux jours, Les Marguerites vont bien entendu sur l’eau, en régate ou en croisière, souvent en lien avec des projets culturels. « En 2018, explique Nicolas, nous avons engagé Marguerite dans un tour de Bretagne à la rencontre de personnes engagées dans des projets écologiques et solidaires, ce qui a donné lieu à un film. Un an plus tard, nous sommes partis vers Biarritz pour documenter la protection de l’eau. » Le film « 2020 » est consacré à Pilen. « Jean d’Artigues, son ancien propriétaire, est décédé récemment de la maladie de Charcot. En accord avec sa famille, nous poursuivons aujourd’hui un travail d’information autour de cette pathologie. » Les 11 et 12 juin prochains aura d’ailleurs lieu la seconde édition de « Pilen et les Pen-Duick, ensemble pour vaincre la maladie de Charcot », deux jours de régates et rencontres, tandis qu’à bord du bus Jan-Jakku, on pourra découvrir le documentaire sur Pilen ainsi qu’une exposition de photos. Les Marguerites ? Un chantier, une flottille ; du partage et une grande générosité.

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