Après San Juan, la Victoria

San Juan, Voctoria, Albaola
© Prisma Archivo/Alamy Stock Photo 

Une réplique historique va bientôt prendre place à côté de celle, non moins historique, du baleinier basque San Juan (CM 295), dans le chantier naval d’Ondartxo à Pasaia. L’association Albaola entend en effet reconstruire le navire sur lequel Juan Sebastián Elcano (1476-1526) termina le premier tour du monde, commencé par Magellan, tué au cours du voyage. Pour mémoire, Elcano ramena en 1522 la Victoria à Sanlúcar de Barrameda en Andalousie, d’où il était parti en 1519, avec seulement dix-huit des deux cent quarante hommes qui avaient pris place sur les trois navires du départ.

Dans l’esprit de ses initiateurs, la construction du bateau, qui devrait débuter dans le courant de l’année prochaine, coïncidera avec les célébrations du cinquième centenaire de ce premier tour du monde de l’histoire (1519-1522). Comme dans le cas du San Juan, l’accent est mis sur les techniques de charpenterie utilisées sur de tels navires, qui nous sont complètement inconnues. « Nous ne savons pas comment un clou était envoyé au XVIe siècle », explique Xabi Agote, le charpentier président de l’association. Des recherches sont actuellement menées pour documenter au mieux le projet. Elles devraient aboutir à l’élaboration de plans pour la fin de l’année.

Les études déjà réalisées par Albaola sur l’histoire de la construction navale au XVIe siècle ont montré que « 80 pour cent des navires qui ont quitté la péninsule ibérique vers l’aventure du nouveau continent étaient de construction basque, en particulier dans la période de 1520 à la fin du siècle », ajoute le directeur scientifique du musée naval, Xabier Alberdi. Vérification faite, c’était le cas de la Victoria, née au Pays basque… comme Elcano, qui a vu le jour à Getaria.

La Victoria, qui jaugeait 85 tonneaux, contre 240 pour le San Juan, sera également construite devant le public. Le nombre de visiteurs sur le site de construction du San Juan a dépassé les cinquante mille en 2017 et sa réalisation a généré vingt et un emplois, en plus du travail de soixante bénévoles et de trente-six stagiaires. Ce projet, qui allie une nouvelle fois une grande ambition à une rare exigence d’authenticité, devrait encore renforcer l’image de référence, acquise par toute l’équipe de Pasaia, dans le domaine du patrimoine culturel maritime. Nathalie Couilloud.

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