À Quimperlé, Laïta Sailing construit un Enez 30’ en acier

© coll. Jean-François Garry

Il y a huit ans, Le Chasse-Marée (CM 220) présentait l’Enez 7,80, petit sloup dessiné par Jean-François Garry qui s’était librement inspiré, pour le concevoir, du célèbre Seabird de Thomas Fleming Day. Construit en contre-plaqué époxy par l’atelier Lignes d’eau à Fouras et l’Établi marin à la Tremblade, le voilier devait être le « bateau de la retraite » pour l’architecte et son épouse. Mais quelques avatars de santé viendront bientôt bousculer ce programme… Quand l’horizon est réapparu derrière la vague, Martine et Jean-François Garry se sont mis en quête d’un nouveau bateau. L’architecte s’est alors souvenu de Claude Philippe, rencontré il y a quelque 35 ans. Il savait que Claude, après la construction en acier de plusieurs répliques de l’Islander d’Harry Pidgeon, avait poursuivi dans cette voie en mettant en chantier – entre quelques bateaux contemporains – des voiliers traditionnels en métal comme un Roscovite en aluminium ou encore une petite bisquine et, très récemment, un Bélouga. Après visite à Claude, installé à Quimperlé, Jean-François a agrandi son Enez à 30 pieds, passant ensuite son dessin à Yann Philippe, ingénieur naval et fils de Claude, qui a apporté son expertise en matière de construction acier. Un mois plus tard, la construction débutait. Comme l’Enez 7,80, l’Enez 30 se réclame d’une forte affinité d’esprit avec le Seabird et l’Islander : recherche de simplicité, refus d’un luxe inutile… Mais sa carène est bien différente avec, notamment, un bouchain vif immergé jusqu’à l’étrave, strictement verticale. Ces lignes, plus contemporaines, offrent des entrées d’eau fines, un choix architectural testé sur d’autres bateaux par Jean-François avec, au final, une construction facilitée et un très bon passage dans le clapot ou une mer courte. Une qualité qui devrait être vérifiée sur ce bateau de déplacement semi-lourd : l’Enez 30 devrait déplacer 5 tonnes en charge – dont 3 tonnes d’acier doux –, son gréement marconi 7/8 permettant d’établir 62 m2 de voilure par jolie brise. Le sloup bermudien s’avérera probablement vivant dans les petits airs, mais le souhait demeure avant tout de naviguer sur un bateau peu gîtard et aux mouvements doux par mer formée. Pour qu’il puisse se faufiler dans des mouillages forains, sa quille longue offre un tirant d’eau modéré, configuration adaptée au béquillage. « Le bateau devrait tirer ses premiers bords à la fin du printemps, précise Jean-François. À nos âges il ne faut pas traîner ! Ce chantier nous fait aussi constater qu’en France, contrairement aux pays d’Europe du Nord, les amateurs de bateaux classiques ou traditionnels pensent rarement à la construction métallique. Et pourtant… Ayant vécu en famille dans les années 1970-1980 à bord d’un ketch norvégien en acier dessiné par Louis Van de Wiele, nous n’avons pas hésité une seconde à retenir ce matériau. » Après ce prototype, Claude et Yann Philippe <www.laita-sailing.bzh> envisagent d’autres unités du même type, dont certaines en aluminium.

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